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Lettre d'information février 2017


Lundi 6 février 2017

Bonjour à vous,

La dernière lettre d’information date maintenant de plusieurs mois, mais à quoi sert le bavardage si l’on n’a rien à dire de nouveau.
Depuis maintenant plus de 8 années que je dénonce avec une multitude d’autres la folie de cette agriculture meurtrière, en réalité rien ou très peu de chose change. L’énergie qu’il faut déployer pour tenter de faire avancer la réflexion est colossale et j’ai le sentiment de ramer dans le vide du monde agricole.
Par contre aux niveau des consommateurs je ressens un réel sentiment d’empathie. Ils comprennent de plus en plus qu’il en va de leur santé et du plaisir de consommer des produits sains et surtout du sentiment profond d’injustice qui est fait aux agriculteurs. Cela je dois le dire me réjouis.

Malheureusement il est proposé aux français un modèle agricole industriel pour être compétitif au niveau mondial. Cela veut dire que l’alimentation de nos concitoyens n’est pas conçue pour ce qu’elle doit être en terme de santé publique, ni de développement des campagnes, mais que définitivement nous la considérons comme une marchandise « lambda » qui n’a aucune incidence dans nos vies.
Ces grandes cultures subventionnées pour la plupart, car la loi de la jungle imposée aux agriculteurs les oblige à quémander de l’aide sinon il serait absurde de continuer à travailler, sont consommatrice d’eau dans des régions où le dérèglement climatique va contraindre à appliquer des restrictions à la population environnante.
Enfin il n‘y a plus personne dans nos campagnes car l’agrandissement et la mécanisation ont supprimé tellement d’emploi que l’agriculteur se retrouve seul avec ses machines, dans ces immensités complètement vides de vie. De cette solitude nait ce sentiment profond de malaise et de dépression que nous connaissons actuellement qui conduit souvent au suicide car le travail est devenu de plus en plus important, de moins en moins intéressant, soumis aux techniciens vendeurs de produits phytosanitaires et surtout quasiment jamais rentable sur ces surfaces qui exigent des débouchés industriels et donc soumis aux contraintes d’un marché toujours de plus en plus léonin.
Les agriculteurs sont aujourd’hui contraints de vendre leur marchandise dans des systèmes économiques qui les détruisent car les quantités sont telles qu’ils ne sont quasiment plus libres de les proposer à plusieurs intervenants. Ils se trouvent coincés dans des monopoles qui dictent leur loi au détriment de leur travail et de leur dignité.
Par secteur il n’y a très souvent qu’un seul abattoir, une seule laiterie avec un seul ramassage et malgré cela ils sont encore obligés de signer des contrats qui les lient sans aucun prix en face ! L’affaire Lactalis en est un parfait exemple, ceux qui ont contesté sont interdits de livrer leur lait ! Aujourd’hui peu d’agriculteur peuvent transmettre leur ferme car grever de dettes les enfants sont obligés de refuser l’héritage !
Ces grandes cultures n’assurent plus les qualités essentielles nécessaires à notre alimentation et entrainent des dérèglements dans nos organismes. Bien souvent elles ont été modifiées pour faire plaisir aux consommateurs, pour satisfaire les contraintes de volumes à récolter, sans se soucier des vitamines et autres éléments nutritifs qui en faisait un élément essentiel à la croissance et à notre santé. Tout ce que la nature nous a offert est maintenant payant par le biais de brevet déposer comme si celui qui réalise cela avait créer les plantes originales. L’aspect santé publique de l’alimentation disparait petit à petit au nom de la rentabilité et de la compétitivité.

Il faut dire aussi que tout cela est aidé par les gouvernants depuis des années car les secteurs agroalimentaires qui exploitent sans aucun état d’âme les agriculteurs sont eux capables d’embaucher de très nombreux ouvriers et que lorsque l’on fait un ratio Agriculteur/Ouvrier, évidement nous sommes sur un rapport de 1 à 5 pour ne pas dire plus et politiquement cela fait la différence. Pourtant une grande partie de nos dérèglements de santé provient des additifs, produits chimiques, sels, sucre, colorants, conservateurs qui sont ajoutés aux productions. Sans compter sur les mélanges d’origine quelque fois douteuses qui font tant de dégâts. Le coût en santé public est colossal. Mais c’est de l’emploi alors tout le monde ferme les yeux comme si de rien n’était.
Actuellement une grande partie des éleveurs et des producteurs de lait touchent pour 14 à 16H de travail sept jour sur sept, un revenu de 300 à 400€ par mois. Dans un pays où si vous payez un ouvrier moins de 12,5€ brut de l’heure vous êtes condamnés !
Comment ils font pour s’en sortir ? Ils survivent pour ceux qui désespérés ne décident pas d’en finir !

C’est aussi vrai que les débouchés sont tellement concentrés que pour plus de 5 000 agriculteurs il n’y a qu’une centrale d’achat. Donc plus de marché ! Donc il faut être de plus en plus gros pour espérer s’en sortir donc le cercle infernal se recrée ! Nous ne pouvons sortir de la boucle avec ce type d’agriculture !

En même temps ils ne se groupent plus, subissent au lieu de se révolter ensemble, ils meurent dans la solitude de l’étable ! NOUS EN SOMMES RESPONSABLES COLLECTIVEMENT ET COUPABLES ! En acceptant cette situation de déni d’existence ! La vente à perte est un poison qui à terme va tuer la société si nous ne réagissons pas !

Une seule solution pour briser ces liens de dépendance, retrouver le plaisir du contact avec la nature, accepter le cycle des saisons, être libre d’exercer la passion de ce beau métier, c’est de produire UNIQUEMENT ce que nous pouvons vendre directement aux consommateurs. Cela implique un engagement total mais il reste rémunérateur. De plus nous pouvons prendre en compte les remarques de ceux que nous nourrissons. Ce contact est vital pour nous car nous pouvons adapter plus concrètement nos productions au plaisir affiché des consommateurs de retrouver une authenticité et du goût dans leur assiette. Quel bonheur d’entendre : « Oh Monsieur vos carottes sont délicieuses ! » ou « Cela fait des années que je n’avais pas mangé des pêches aussi bonnes ! », « Depuis que je viens chez vous je ne jette plus rien, tout se conserve. ». A ce moment-là nous savons pour qui nous travaillons et nous en avons la reconnaissance, c’est magique !!
Tous ceux qui pratiquent avec sincérité le circuit court retrouvent cette émotion et ce plaisir d’œuvrer pour la bonne cause. Malgré les difficultés que nous rencontrons car il est difficile d’obtenir des places sur les marchés ou dans les villes pour offrir ces produits de qualité. L’angoisse des politiques est en fait la paupérisation de la population et donc le juste prix fait peur.
Le génie et le cynisme de notre économie purement financière, c’est d’exploiter les plus pauvres pour nourrir les pauvres que l’on crée !
Si les consommateurs avaient conscience que lorsqu’on lui, propose 3 melons à un euro aucun ne sera payé à celui qui les produit ! Est-ce légitime de laisser vendre ces marchandises ?

C’est pourquoi « C-Juste Paris » indique sur ces étiquettes : « Le nom de l’agriculteur et sa région, le prix d’achat du produit ainsi que le prix de vente. » Notre initiative a de plus de plus en plus de succès, car les consommateurs sont heureux de savoir que lorsqu’ils se nourrissent celui qui les nourrit vit dignement de son métier. Nous désirons trouver des partenaires capables de développer notre initiative pour offrir une plus grande présence sur les marchés et dans les villes. Nous ne sommes pas seuls à avoir une démarche de responsabilité c’est pourquoi nous devrions trouver des synergies fortes pour avancer dans cette lutte contre la vente à perte, en donnant une exigence de transparence aux consommateurs. Le site c-juste.fr vous offre une vision claire de ce que nous vous présentons chaque jour de l’offre présente sur les marchés.

Le salon de l’agriculture qui va s’ouvrir mettra en valeur ceux qui exploitent les agriculteurs. Agro-alimentaire, grande distribution seront encore une fois les vedettes d’un monde que consciencieusement ils s’acharnent à détruire et ils en sont fiers vu l’argent qu’ils dépensent pour le montrer. Pour beaucoup ils devraient indiquer le nombre de suicides qu’ils ont provoqué dans leur appétit de cupidité et cela sans le moindre sentiment de culpabilité. Le « Marché » pour les agriculteurs c’est la mort annoncée, pour eux ce sont des résultats !

Mais nous nous savons que pour inverser la tendance nous devons continuer à CONSOMMER-JUSTE.

Amitiés
Pierre

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