info@consommer-juste.fr
06 70 23 59 35

  • Vous n'êtes pas connecté.

#1 mai 8, 2010 11:53:21

pierrepriolet
Enregistré: 2010-04-24
Messages: 32
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

Depuis le début de cette aventure, je me suis rendu compte que les uns et les autres nous avons des difficultés dans nos métiers, mais que nous étions incapables de communiquer avec les autres nos souffrances.

Il n’y a pas une souffrance, mais chacun d’entre nous subit au quotidien une somme de joie et d’injustice, qu’il est dur de partager car nous nous sentons seuls face à l’incompréhension ou l’indifférence des autres.

J’ai rencontré ces derniers jours, des collègues arboriculteurs, des amis producteurs de lait, de porc, des éleveurs et des vignerons du haut Beaujolais et je me suis rendu compte à quel point, nous sommes en déficit d’information sur la situation des uns et des autres.

J’ai aussi parcouru le pays et j’ai pu constater qu’à part dans les régions céréalières, les friches gagnent du terrain. Le discours officiel des rendements supérieurs pour un meilleur revenu est une stupidité qu’il faut dénoncer. Notre société commence une mutation que les élites ne comprennent toujours pas, nous ne sommes plus dans la croissance telle que nous l’avons connue jusqu'ici, qui ne profite qu’aux banquiers. Nous sommes arrivés au point de rupture, il nous faut réinventer le consommer autrement. Cela ne rendra personne plus malheureux, mais nous donnera une responsabilité accrue face à nos choix de consommation.

Nous comprendrons alors que tout ce que nous méprisons aujourd’hui, nous manquera demain ! C’est lorsque les agriculteurs, les artistes et les fonctionnaires auront disparu, que nous comprendrons à quel point leur travail était essentiel à la cohésion et au bon fonctionnement de notre pays.

J’ai pris conscience d’être privilégié, par rapport aux producteurs de lait, aux éleveurs et à tous ces agriculteurs harcelés par les banques, qui se battent pour quelquefois 50€ et que le système détruit. Je suis encore plus déterminé à me battre, car ce que nous souffrons de cette société qui nous pousse à la désespérance, les ouvriers poussés au chômage, les femmes et les hommes expulsés du chômage, les P.M.E méprisées par le système de distribution, tout cela n’est plus admissible à notre époque.

Hors-ligne

#2 mai 16, 2010 22:14:03

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 834
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

En 1978 aprés 18 mois à Dakar dans l'infanterie de marine ,mon lycée agricole m'envoie comme stagiaire a Fresno (Californie)capitale entre autre pour les fruits secs et je travaille avec des mexicains ....Il y a au bord des routes de petites boutiques de fruits&légumes qui vendent directement , et on peut y manger des produits locaux (se développe aussi l'organic = bio), c'est une ambiance "campagnarde" qui me plait . Puis c'est Napa Valley chez Robert Mondavi dans une winery (cave) . Avant de rentrer en France je travaille 2 mois dans une boulangerie Française à San Francisco "vie de France".De retour , je m'occupe des 15 ha de pechers avec mon père et de 20 ha de vignes AOC (en cave). En 1989 ,aprés 2 années de grele (le voisin ,avec ses fusées faisait fuire le nuage de chez lui, qui se déversait chez nous .L'Espagne arrive dans l'Europe ainsi que les grosses exploitations qui se mettent dans la région et c'est là que l'agriculteur est devenu dépendant des grandes surfaces qui fixent les prix.(Et aujoud'hui c'est plutot des multinationales comme Danone pour ses actionnaires qui font le PLUS de marges au final). On vend les pechers , puis je m'occupe de ma vigne ,on fait des efforts , mais cela ne paye plus . Ceux qui ont LE COURAGE se reconvertissent dans le BIO (le Languedoc Roussillon devient la première région au monde ,et cela paye (voir salon millésime bio/acheteurs Chinois - Américains - Canadiens - Allemands....)En 2000 mon fils a eu une leucémie (6 mois de chambres stériles)puis j'ai eu des problèmes avec des phytos ....au bout de 20/30 ans la MSA(PHYT'attitude) reconnait que des problèmes chroniques peuvent apparaitre ....,alors que dans les années 70/80 les problèmes étaient aigus ,mais disparaissaient ensuite .Les Pays de la loire sont ceux ou il y a le plus de reconversion en bio pour le lait ,et les produits animaux/lait de la filière LIN sont cautionnés BLEU-BLANC-COEUR .

Modifié cabernet1 (mai 18, 2010 00:21:30)

Hors-ligne

#3 juin 2, 2010 16:18:06

Pierrette
De: 22
Enregistré: 2010-06-02
Messages: 6
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

Productrice de lait en Bretagne, j'ai été particulièrement sensible (on peut même dire émue) par votre intervention chez Hardison.

Comment ne pas se retrouver dans vos propos !!

Insupportable le mépris que nous subissons des industriels et de la grande distribution.
Incompréhensible l'aveuglement des politiques et leur incompétence à règler des problèmes aussi "primaires" que ceux de nos prix de vente inférieurs à nos prix de revient et la juste répartition des marges en fonction du travail et des risques supportés !!

Je viens de visionner l'excellent reportage que vous mettez en ligne "je mange, donc je suis" (que je conseille en préambule à toute intervention sur ce forum).
Comme le disait un intervenant : il faut être stupide où avoir de très mauvaises intentions pour continuer dans la voie dictée par l'OMC.

Vous avez lors de votre intervention, démontré les dérives des groupements de producteurs. Pourtant, les sénateurs viennent d'approuver la LMA qui généralise cette "particularité" agricole.
Les producteurs de lait Suisses sont venus dans notre Bretagne témoignés de la violence de l'après quota qu'ils subissent depuis 2009 avec l'instauration de la contractualisation(Augmentation de la production +/- 30%, baisse de leurs revenus de +/-34%); et pourtant les sénateurs approuvent la LMA qui veut nous imposer cette contractualisation !!

900 suicides d'agriculteurs en 2009...

Le mépris généralisé du travail (agricole ou autre), de l'acte de production (agricole ou autre); le mépris du consommateur (désinformé, exploité, manipulé, escroqué..), voilà les principes de la distribution moderne !
Et pourtant, sans producteurs et sans consommateurs...pas de commerce possible.

Le tour de force est si exceptionnel qu'ils sont parvenus à s'approprier notre valeur ajoutée, et vont réussir au travers de cette LMA à nous voler nos droits à produire et, sans doute à terme, notre foncier.
Ne nous restera que les dettes, les risques, le travail astreignant, les contraintes du métier.

Alors, un grand merci pour la qualité de votre formulation quand vous relater nos difficultés , votre émotion si sincère et si communicative et pour cette belle volonté qui semble infaillible à vouloir étaler tout ce qu'ils voulaient cacher.

Et bon courage pour ce soir avec les "angelots tapie (père et fils), "bienfaiteurs des consommateurs"


Ceux qui professent vouloir la liberté et déplorent l'agitation sont comme le paysan qui voudrait récolter sans avoir labouré.

Hors-ligne

#4 juin 6, 2010 13:17:28

jeff
Enregistré: 2010-06-06
Messages: 6
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

les agriculteurs se plaignent beaucoup , mais finalement , on constate que peu d'entre eux sont capables de se mobiliser derrière vous ??? Inquiétant pour la profession ... Manipulation syndicale sous la gouverne des politiques ?
Un exemple d'aberration ... l'aide aux ovins se traduit par l'obtention de l'aide à partir de 50 brebis alors qu'auparavant , c'était 10 brebis ...c'est la destruction des petits élevages !

Hors-ligne

#5 juin 8, 2010 18:03:55

peyreyre
Enregistré: 2010-06-08
Messages: 1
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

Juste un premier petit message de rodage. Les Vignobles Trinque Sarl est une petite entreprise viticole du Bordelais qui oeuvre depuis cinq générations. On travaille en famille, famille de vrais paysans. Aujourd'hui, de nombreuses questions se posent car le négoce bordelais allié à la grande distribution commence son oeuvre destructrice. Avec un coup de production de 1200 € le tonneau de 900 litres, et un cours moyen actuel de 850 € tonneaux, on voit les drâmes se profiler. Ce qui nous permet de tenir actuellement, c'est la vente directe, du producteur que nous sommes au consommateur.
Notre espoir, se passer du négoce, des solutions semblent exister. On en reparlera bientôt sur ce forum.

Hors-ligne

#6 juin 15, 2010 17:39:32

consolocal
Enregistré: 2010-06-03
Messages: 3
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

il faut donner du pouvoir au circuits courts de distribution et pour ça les faire connaitre du grand public on voit actuellement le consommateur en quête de produits de qualité mais pas toujours facile quand on habite dans des grandes villes.
le consommateur responsable ne sait ou faire ses courses car il a besoin de tous les circuits courts or ceux ci n'ont pas encore créer de solidarité pour fonctionner ensemble .
il faut aider les producteurs a vendre en circuits courts et aider le consommateur qui est prêt a changer ses modes de consommations en lui proposant tous les circuits courts a sa portée.
consommer-local.

Hors-ligne

#7 août 7, 2010 18:50:22

christophe
Enregistré: 2010-08-07
Messages: 6
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

consolocal
il faut donner du pouvoir au circuits courts de distribution et pour ça les faire connaitre du grand public on voit actuellement le consommateur en quête de produits de qualité mais pas toujours facile quand on habite dans des grandes villes.
le consommateur responsable ne sait ou faire ses courses car il a besoin de tous les circuits courts or ceux ci n'ont pas encore créer de solidarité pour fonctionner ensemble .
il faut aider les producteurs a vendre en circuits courts et aider le consommateur qui est prêt a changer ses modes de consommations en lui proposant tous les circuits courts a sa portée.
consommer-local.


Comme je l'ai dis dans mes différents posts, je crois que le combats ce trouve là.
Les points de vente regroupés et accessibles !

Hors-ligne

#8 fév. 6, 2011 23:01:10

pierrepriolet
Enregistré: 2010-04-24
Messages: 32
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

Bonjour A tous
je reçois ce message que je veux vous transmettre.

Il est désespérant, trop de producteurs souffrent de cette situation absurde. Alors merci à vous de prendre le temps de le lire. Amitié
Pierre Priolet

Le désarroi des éleveurs de porcs.
C'EST LE MODÈLE QUE L'ON VEUT
NOUS IMPOSER EN LAIT .
NON MERCI ! ALORS, BATTONS NOUS
POUR L'OFFICE DU LAIT !


Quand les éleveurs vont-ils comprendre ??????,
Auteur: LAISNE Fabien
Lecture faite de ce document au MPB ce jeudi 3 février devant le préfet des Côtes d'Armor, du DDA 22 et du directeur DDSV 22.


Relayez, communiquons, il n'est pas trop tard.
Cordialement,
Fabien LAISNE.

Ces quelques lignes n’ont aucune autre prétention que de continuer à dénoncer une situation insoutenable mais aussi de communiquer toujours et encore pour ne pas oublier le désarroi de chacun d’entre nous et le faire savoir au plus grand nombre.

La France n’aime plus ses paysans…
C’est un bien triste constat que beaucoup sont à même de faire aujourd’hui et ce n’est malheureusement pas l’actualité agricole hebdomadaire qui le dément : les paysans se meurent et la France s’en moque.
J’entends encore ce jeune qui, ce samedi dernier me livre, découvrant mon métier : « ma mère ne mange plus de porc car elle est allergique à la pénicilline dont la viande est gavée »…Je suis abasourdi, décontenancé, humilié, car cette réflexion naïve est sûrement le reflet d’une pensée dominante en France. Celle où l’élevage dit industriel n’a plus sa place : n’oublions pas qu’il y a trente ans, ce sont nos politiques – nationales et locales- qui motivaient et encourageaient la montée en puissance de cet élevage, qui, même s’il ne correspond plus aux idéaux de bobos, a permis à la France d’assurer son auto-suffisance alimentaire – voire même de la dépasser, voire même, pour notre de plus grand malheur, de la dédaigner. Pour preuve le rayon charcuterie de ce supermarché du Mans : un mètre de viande française pour quinze mètres de linéaire, dérisoire…et affligeant.
N’est-ce pas là un vrai motif d’inquiétude quand les scandales sanitaires défraient la chronique –dioxine, poulet chloré…et quoi d’autre demain ?
Nous sommes aujourd’hui fiers du travail accompli et nous n’avons pas à en rougir. Certes il y a eu des abus par le passé mais qui sont aujourd’hui largement gommés par l’investissement personnel et matériel des éleveurs pour y remédier. Le parallèle est facile et systématique : l’eau et les cochons ne font pas bon ménage. Evidement, il faut du temps pour rattraper les erreurs du passé mais les agriculteurs y travaillent, chaque jour, chaque semaine, chaque mois de chaque année. Nous travaillons sans relâche et nous nous battons sur tous les fronts : élevage, culture, environnement. Dix heures par jour, sept jour sur sept, toute l’année pendant des décennies pour certains. Epuisant. Physiquement, moralement. Six heures trente chaque matin, le travail démarre pour une nouvelle journée de déveine. Qui peut supporter cela ? Combien de temps cela va-t-il encore durer ?
La pression est là, permanente.
Financière : jeune agriculteur de trente six ans, 340 000 euros de dettes, une ferme obsolète et chaque semaine 2700 euros perdus depuis la hausse vertigineuse des céréales. Eh oui, nos animaux mangent trois fois par jour…
Pression sociétale : il faut produire beau, bon bio, durable. Pression environnementale : pas d’odeurs, pas de lisier nauséabond, pas de routes sales, pas de structures visibles…
La France n’aime plus ses paysans et chaque jour l’un deux nous quitte : près de 400 suicides en 2010. Un constant alarmant dont personne ne s’émeut pourtant.
Il est sûrement possible de travailler encore mieux aujourd’hui et d’adapter nos outils aux nouvelles contraintes, mais comment y parvenir quand il devient impossible d’élever ses animaux sans aggraver sa dette ?
La situation actuelle de laisse présager qu’une seule chose : le déclin et la mort inéluctable des fermes dites familiales, des petites et moyennes structures avec peut-être à terme la disparition intégrale d’une filière agricole. Où bien verra-t-on éclore de véritables usine ( et le mot est pesé !)à cochons, lait, veaux , œufs…
Est-ce là le devenir de la France agricole ?
L’avenir de la Bretagne sera-t-il le même que celui de l’Est pour la sidérurgie ou que du Nord pour le textile ? Les dizaines de milliers d’emplois liés à ce secteur seront-ils comblés par deux mois de tourisme régional ?
Combien faudra-t-il de fermes abandonnées, de terres en friches et de taillis dans le paysage avant que le pays ne réagisse ?
Jusqu’à quand écouterez-vous le discours subjectif de quelques journalistes ayant pignon sur rue et qui distillent savamment, à grand renfort d’images chocs et d’idées pré-conçues – trop souvent fausses -, un poison qui, insidieusement fait de nous les boucs émissaires d’une société qui elle-même ne sait plus très bien où elle en est.
Evidement, s’ériger en défenseur du monde agricole, et en particulier de l’élevage porcin, n’est surtout pas une position envisageable à un an d’une échéance électorale majeure…Ce désintéressement du politique gangrène notre métier qui, las de se sentir abandonné, se terre et se tait, en attendant le moment où tout devra s’arrêter.
Nous sommes à la merci de l’industrie agroalimentaire et de ses distributeurs, ces grandes surfaces qui n’ont de grande que le nom et pas un once de philanthropie. Le politique est à la botte de l’économique.
La guerre des prix fait rage et tous les producteurs, quels qu’il soient, font les frais de cette bataille rangée au nom du sacro-saint pouvoir d’achat. Le paysan est depuis toujours la valeur d’ajustement des prix. Sachez seulement que monter de 50 centimes le prix de vente de la viande de porc dans les supermarchés permettrait non seulement de supporter la hausse meurtrière de l’alimentation des animaux mais aussi de commencer à panser les plaies économiques de quatre années de crise.
Quel impact pour le consommateur ? A raison d’environ 35 kg de viande de porc par personne et par an en France voilà un surcoût annuel de 17 euros pour une année alors que c’est par dizaines de milliers que se comptent nos pertes.

A qui profite le crime … ?

La France s’enorgueillissait de ses paysans devenus agriculteurs puis chef d’exploitation ou bien encore chef d’entreprise agricole. Quelle fierté !! Qu’en est-il aujourd’hui ? Plus grand chose car le principe d’une entreprise est d’entreprendre et d’investir. Capacités réduites à néant aujourd’hui ou investissements inéluctables mais foncièrement improductifs : « bien-être animal », environnement…
Nous sommes laissés pour compte, trahis, abandonnés, livrés à la pâture médiatique et intello-grenello-environnementale…
« Il faut vous diversifier » disent certains spécialistes et responsables nationaux. « Devenez producteur d’énergie ! » clament-ils en regardant amoureusement le modèle allemand. Avec quel argent quand demain nous ne pourrons plus nourrir nos bêtes ? De plus, ces stations de méthanisation ingurgitent, une fois mélangé au lisier de porc, du maïs cultivé sur des terres arables !
N’est-ce pas là une véritable aberration quand certains nous reprochent de cultiver des céréales pour le bétail et que près d’un milliard de personnes ne mange pas à sa faim tous les jours ?
Quel paysage agricole la France souhaite-elle pour ses campagnes ?
Celui de la casquette et du panier garni ?
A ce rythme il faudra alors que beaucoup de nos concitoyens se découvrent une vocation car pour satisfaire les besoins de chacun il faudrait retrouver une population active agricole au moins équivalente à celle de l’après-guerre …près de 70 % !!
Les produits de notre agriculture sont indéniablement des produits de qualité. Perfectibles certes mais surtout calqués sur la volonté du consommateur. Sempiternel paradoxe : une viande avec du gras est une viande mature et riche en goût. Or la ménagère ne veut pas de gras autour de ses côtelettes…Le beurre et l’argent du beurre ?

N’oubliez pas que derrière ce nom d’agriculteur il y a des hommes et des femmes. Des hommes et de femmes usés par des années de labeur et de pressions exacerbées. Des hommes et des femmes qui souffrent dans l’indifférence la plus totale, trop souvent habitués à cette vie besogneuse tant et si bien que leur corps et ce fardeau ne font qu’un.
Jusqu’à quand ?

Sûrement verrons-nous un jour, ce jour où il sera trop tard, quand la désertification aura gagné tant nos cœurs que nos campagnes et que ce jour-là nous lirons, au rayon frais de notre bien-aimé supermarché : « MADE IN CHINA ».

Amicalement.

Fabien LAISNE . Eleveur de porcs.

Hors-ligne

#9 fév. 18, 2011 19:46:32

didier.cs
Enregistré: 2011-02-18
Messages: 1
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

merci du fond du coeur mr priolet! de la part d un agriculteur auvergnat
cela fait de nombreuses années que je denonce,dans les réunions départementales, cette main mise sur l' agriculture et les produits agricoles,par la grande (et toute puissante) distribution!
je dit notamment ,non sans soulever un tolé aupres de mes collègues ,que ce sont les centrales d'achat qui profitent des primes européennes !
je suis producteur de lait,et aussi de fraises ,
nous livrons directement nos fraises en centrales d' achat ,prêtes a mettre en rayon,via un groupement de producteurs,mais la facturation passe par un grossiste puis par notre groupement,au final le sprix auront ete multiplié par 3.5 ou 4!

Hors-ligne

#10 août 17, 2012 03:01:19

frkdtt17
Enregistré: 2012-08-17
Messages: 1
Envoyer un courriel  

appel à témoignages

Je suis nouveau sur ce site,et je tiens a y temoigner depuis l Argentine.Je suis arrive ici en 2004,apres avoir cede mon exploitation normande de polyculture elevage.En 2004 le ble etait paye 100E la T,la viande ?,le lait?,tout ca pour dire que les perspectives n etaient ,deja,pas brillantes.A un moment charniere,ou j avais termine de rembourser mon JA,et j allais me lancer vers de nouveaux plans d investissement,j ai tout simplement decide de dire non! a toute cette mascarade .je ne me voyais plus devoir travailler toujours plus,gagner de moins en moins ma vie,et devoir en permanence recevoir les coups sur la gueule(crises ESB;fievre aphteuse),tout ca avec le risque de pourrir ma vie familiale.
J ai repris une ferme d elevage que j ai fait valoir pendant 5 ans en Argentine,et que j ai revendue apres ,car les couts de productions ont augmentes a un rythme de 25% par an,avec des prix de vente congeles durant cette periode.Resultat nationnal........baisse de 15millions de tetes de betail,et orientation vers le soja.
La moralite de mon histoire,c est que quel que soit l endroit dans le monde,l agriculteur est un pion qui n a d autres droits que de produire a pas cher une marchandise qui permettra a des intermediaires ,de s en foutre plein les poches,et que de toute facon,le consommateur paiera trop cher ,pour ce qu il a.
Dindons de la farce,producteurs/consommateurs.
Ca fait du bien de prendre quelques annees de recule,avoir un esprit plus critique,car aujourd hui,je pense revenir en France,et si je retourne vers la production,ce sera a travers de structures telles que les AMAP,ou vente directe,que je m orienterais,et la survie de l agriculture familiale Francaise en est une solution.
Saludos desde Argentina

Hors-ligne

Pied de page

Modération
Share |