info@consommer-juste.fr
06 70 23 59 35

  • Vous n'êtes pas connecté.

#1 jan. 16, 2011 17:18:41

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 825
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international







LA VÉRITÉ SUR LE SCANDALE DE L'HUILE FRELATÉE • Pourquoi l'Etat

1 an avant que l'Espagne nous envoie ses fruits&légumes d' Alméria ,et bien avant le poivron traité à l'insecticide Chinois !
ce qu'a révélé Courrier international qui devait etre classé secret par l'état Espagnol et la firme BAYER .....sans oublier qu'un an aprés ,les tomates de la région d'Alméria (avec des ouvriers qui ne SAVENT PAS LIRE LES ETIQUETTES) étaient dans nos supermarchés ,en sachant que nous sommes dans un "SYSTEME PEU CONTROLE" avec une Mondialisation Irrégulé les pommes MADE IN CHINA dans 6 mois , le Pr Luc Montagnier (nobel 2009/SIDA) livre Prévenir vaut mieux que guérir parle de ses fruits et légumes qui " pourraient un jour ou l'autre devenir une nouvelle catastrophe sanitaire . Actuellement ce que dénonce José Bové ,le blé Ukrainien traité aux raticides qui fait les yeux rouges aux dockers Français et causes des problèmes à ceux qui le stockent (choisissez un pain fait avec des farines Française)....

Modifié cabernet1 (fév. 15, 2011 22:52:46)

Hors-ligne

#2 jan. 16, 2011 17:20:39

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 825
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international

www.courrierinternational.com › Hebdo n° 567

Hors-ligne

#3 jan. 16, 2011 17:22:24

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 825
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international






LA VÉRITÉ SUR LE SCANDALE DE L'HUILE FRELATÉE • Pourquoi l'Etat espagnol a t-il menti durant vingt ans ?

En 1981, une mystérieuse épidémie faisait un millier de morts en Espagne. La cause officielle : une huile de colza dénaturée. En fait, tout indique qu'il s'agissait d'un empoisonnement aux pesticides. Récit d'une étrange manipulation.







Villes

* Barcelone
* Madrid
* La Paz

Personnes

* Bob Woffinden
* Jacques Philipponneau
* Martínez Ruiz
* Clavera Ortiz
* Vaquero García
* Niño Jesus
* Enrique Martínez de Genique
* Antonio Tejero
* Tabuenca Oliver
* Navarro

Il y a vingt ans, l'affaire de l'huile espagnole frelatée commença par une maladie mystérieuse. Quelques années plus tard, le bilan s'établissait à plus d'un millier de morts et à plus de 25 000 personnes gravement atteintes, dont un grand nombre furent handicapées à vie. Ce fut l'intoxication alimentaire la plus grave de l'histoire de l'Europe moderne.
Le début de l'épidémie a officiellement été fixé au 1er mai 1981 : ce jour-là, un garçon de 8 ans, Jaime Vaquero García, tombe brusquement malade avant de décéder dans les bras de sa mère alors qu'elle l'emmène au centre hospitalier La Paz, à Madrid. Lorsqu'ils apprennent que les cinq frères et soeurs de la jeune victime sont également malades, les médecins les font hospitaliser et placent l'une des filles en unité de soins intensifs. Les quatre autres enfants sont envoyés à l'Hospital del Rey, le prestigieux établissement madrilène spécialisé dans les maladies infectieuses, où les médecins diagnostiquent une "pneumonie atypique".
Lorsque le directeur, le Dr Antonio Muro, arrive sur son lieu de travail, le lendemain matin, il s'alarme en apprenant que ces nouveaux patients sont traités pour une pneumonie. Il passe un savon à son équipe : il est médicalement impensable que six membres d'une même famille soient atteints de pneumonie en même temps.
Le cas de la famille Vaquero n'est que le premier d'une longue série. La maladie semble toucher en priorité les femmes et les enfants. Les symptômes initiaux rappellent ceux de la grippe : fièvre et difficultés respiratoires, nausées et vomissements. Mais, ensuite, les patients développent rapidement un oedème pulmonaire et se plaignent de démangeaisons et de douleurs musculaires. L'annonce de l'épidémie fait les gros titres de la presse espagnole.
Au bout de quelques jours, le Dr Muro déclare à la presse que, selon lui, la maladie est due à une intoxication alimentaire, ajoutant que la denrée responsable est commercialisée "par des circuits parallèles". Il en est certain car toutes les victimes viennent de la périphérie de la capitale ; presque aucun habitant du centre de Madrid n'est atteint. Le Dr Muro réunit les parents des patients atteints du mal mystérieux et leur demande de se souvenir de ce que les victimes ont mangé qu'eux-mêmes n'auraient pas mangé. En moins d'une demi-heure, ils ont la réponse : des salades.
Le 12 mai, le Dr Angel Peralta, chef du service d'endocrinologie de l'hôpital La Paz, affirme dans les colonnes d'un quotidien madrilène que les symptômes de la maladie correspondent à un empoisonnement aux organophosphates. Le lendemain, il reçoit un coup de téléphone du ministère de la Santé lui ordonnant de ne rien dire au sujet de l'épidémie et de ne surtout pas évoquer une intoxication aux organophosphates.
Ce même jour, le Dr Muro invite des responsables du ministère de la Santé à l'Hospital del Rey. Il leur montre une carte indiquant les localités où habitent les victimes. Il est persuadé que l'aliment responsable de l'épidémie est vendu sur les marchés périodiques. A partir de là, il est en mesure de prédire où surviendront les prochains cas. Ses prédictions se vérifient, mais, le lendemain, il apprend qu'il est relevé de ses fonctions de directeur de l'hôpital, la mesure prenant effet immédiatement. Son renvoi lui permet du moins de poursuivre son enquête : il parcourt les marchés et remarque que des marchands ambulants vendent de l'huile très peu chère dans de gros bidons en plastique sans étiquette. Aussitôt, il se rend avec ses collègues - parmi lesquels le Dr Vicente Granero - au domicile des personnes atteintes et se fait remettre les bouteilles d'huile que ces familles utilisaient au moment où certains de leurs membres sont tombés malades. Ils étiquettent soigneusement les bouteilles, envoient des échantillons au principal laboratoire de l'Etat, à Majadahonda, dans la banlieue de Madrid, et attendent les résultats.
La confusion et l'inquiétude règnent à tous les niveaux administratifs. A l'époque, l'Espagne est une toute jeune démocratie. En février 1981, trois mois seulement avant l'apparition de l'épidémie, le lieutenant-colonel Antonio Tejero a menacé de son arme les parlementaires réunis aux Cortes, dans une tentative brouillonne de coup d'Etat. Plus d'un mois après l'apparition de la maladie, le gouvernement n'a d'autre stratégie que d'espérer que l'on débouche sur quelque chose. Ce fut bientôt le cas. Le Dr Juan Tabuenca Oliver, directeur de l'hôpital pour enfants Niño Jesus, annonce qu'il a identifié la cause de l'épidémie. Après avoir interrogé 210 enfants traités dans son service, il a établi qu'ils avaient tous consommé de l'huile alimentaire.
Après quelques hésitations, semble-t-il, le gouvernement accepte sa thèse. Tard dans la soirée du 10 juin, une annonce officielle est diffusée à la télévision, informant le public que l'épidémie est due à une huile frelatée. Cela calme les esprits. Les hôpitaux regorgent toujours de victimes, mais le nombre de nouvelles hospitalisations décroît. La situation, apparemment, est sous contrôle.
Le Dr Muro et ses collègues ont regardé la télévision avec un mélange de stupéfaction et d'incrédulité. La veille même, ils ont reçu les résultats de leurs tests. Certes, aucun des échantillons prélevés ne contient l'huile d'olive pure qu'avaient sans nul doute vantée les marchands, mais, surtout, il n'y a pas deux huiles qui présentent les mêmes composants. De toute évidence, une même maladie ne peut être causée par des huiles de nature si différente.
La thèse d'un empoisonnement par de l'huile alimentaire était en apparence convaincante. Afin de protéger l'industrie oléicole nationale, le gouvernement espagnol tentait d'empêcher les importations d'huile de colza, une graisse beaucoup moins chère, dont l'usage se répandait très rapidement dans la Communauté européenne (dans laquelle l'Espagne n'entrera qu'en 1986). Les importations d'huile de colza n'étaient autorisées que pour un usage industriel ; à cet effet, l'huile était d'abord rendue impropre à la consommation par adjonction d'aniline. De petits entrepreneurs débrouillards importaient cette huile malgré tout. Les plus scrupuleux d'entre eux en retiraient l'aniline avant de la commercialiser ; les autres ne prenaient même pas cette peine. La maladie fut donc attribuée à un empoisonnement à l'aniline. La population l'appela bientôt familièrement "la colza" [le colza]. Plusieurs producteurs d'huile furent arrêtés.
Trois semaines après l'annonce officielle à la télévision, le ministère de la Santé lance une opération de troc : les familles peuvent rapporter leur huile censément frelatée, en échange de quoi elles se voient remettre de l'huile d'olive pure. Ce programme d'échange arrivait un peu tard et fut géré en dépit du bon sens : personne ne nota qui échangeait quoi, ni - et c'était pourtant essentiel - si l'huile rapportée provenait de familles atteintes ou non par la maladie. Comme on leur garantissait de l'huile d'olive pure en échange, beaucoup de gens rapportèrent tout ce qui leur tombait sous la main, y compris de l'huile de moteur.
Pour prouver que c'était bien l'huile de colza qui avait provoqué la maladie, il aurait fallu démontrer que les familles qui en avaient acheté étaient atteintes, alors que celles qui s'en étaient abstenues ne l'étaient pas ; que l'aniline présente dans l'huile était effectivement un poison et que les victimes souffraient d'un empoisonnement à l'aniline. Si l'on tient compte du fait que cette huile frelatée était commercialisée depuis des années, il aurait fallu expliquer également ce qui avait changé dans son processus de fabrication pour qu'elle devienne brusquement aussi dangereuse. A ce jour, aucun de ces points n'a été élucidé. En 1983, toutefois, une conférence internationale a lieu à Madrid sous les auspices de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : en dépit des réserves exprimées par les nombreux scientifiques présents, l'épidémie est alors officiellement désignée sous le nom de "syndrome de l'huile toxique" (SHT).
Le procès des producteurs d'huile s'ouvre en mars 1987. En 1989, au terme de deux ans d'audiences, les juges eux-mêmes soulignent que l'agent toxique présent dans l'huile est "toujours inconnu". Ce détail pourtant essentiel ne les empêche pas d'infliger de lourdes peines de prison aux commerçants indélicats, qui sont effectivement reconnus coupables d'avoir causé l'épidémie. Après des années de couverture médiatique à sens unique, l'idée que l'épidémie était due à une huile alimentaire était fermement ancrée dans l'esprit de la population : cela passait pour un fait établi et incontesté. Personne ne remettait en cause les conclusions scientifiques officielles, d'autant plus qu'elles avaient reçu l'aval de l'OMS.
Après la conférence de Madrid, en 1983, alors que la théorie de l'huile continue de provoquer un scepticisme généralisé, le gouvernement espagnol demande à quelques-uns des épidémiologistes les plus réputés de prendre la tête d'une commission d'enquête. Parmi les personnes choisies figurent les Drs Javier Martínez Ruiz et María Clavera Ortiz, un couple de médecins de Barcelone. "Nous étions absolument convaincus que l'huile était en cause. Le seul problème à nos yeux provenait du fait que les informations étaient trop dispersées et les méthodes de recherche inadéquates", racontent les deux épidémiologistes.
Ils se lancent donc dans un examen rigoureux des informations dont dispose le gouvernement. Ce qu'ils découvrent alors leur fait l'effet d'un électrochoc : en étudiant le nombre d'admissions dans les hôpitaux, le Dr Martínez Ruiz se rend compte que l'épidémie a atteint son apogée à la fin du mois de mai. La courbe d'incidence redescendait au moins dix jours avant l'annonce télévisée du 10 juin et environ un mois avant le retrait de l'huile. De fait, le communiqué incriminant l'huile n'avait eu aucun effet sur le cours de l'épidémie.
Pendant ce temps, le Dr Clavera Ortiz avait examiné les circuits de commercialisation de l'huile suspecte, importée de France. Elle constata que de grandes quantités de cette huile avaient été vendues dans des régions (en particulier, la Catalogne) où pas un seul cas d'empoisonnement n'avait été signalé. Le couple apprend un peu plus tard que le gouvernement était parfaitement au courant de ce fait. Au moment du déclenchement de l'épidémie, le gouvernement venait de créer un nouveau portefeuille de secrétaire d'Etat à la Consommation, qui avait été confié à l'avocat et économiste Enrique Martínez de Genique. Le nouveau secrétaire d'Etat avait de son côté dressé des cartes de la distribution de l'huile et de la répartition des atteintes. Il avait constaté qu'il n'y avait aucune corrélation entre les deux et que, par conséquent, l'huile ne pouvait être à l'origine de l'épidémie. Aussitôt après avoir fait part de ses conclusions au ministre de la Santé, il fut limogé et décida de renoncer à toute forme d'action politique. Les Drs Martínez et Clavera furent également congédiés. Mais, comme cela ne suffisait pas à empêcher que la commission d'enquête n'aboutisse à des conclusions gênantes, celle-ci fut à son tour dissoute.
On avait donc la preuve irréfutable que l'huile suspecte était vendue dans des régions d'Espagne où aucune intoxication n'avait été signalée. Mais on avait aussi une preuve tout aussi claire du contraire, à savoir que des personnes qui n'avaient pu être en contact avec l'huile frelatée avaient été victimes de l'épidémie. Dans le cadre d'un documentaire que j'ai tourné pour la télévision, j'ai rencontré de nombreuses familles qui avaient été touchées par la maladie, mais juraient n'avoir jamais acheté d'huile suspecte. Le meilleur exemple est sans doute celui de María Concepción Navarro, une jeune avocate de Madrid, qui tomba malade et finit par mourir en août 1982. Ses symptômes étaient exactement les mêmes que ceux des autres victimes de "la colza" et son nom fut ajouté à la liste officielle des victimes du SHT - en dépit du fait que son mari, lui aussi avocat, certifia que sa femme et lui ne consommaient que de l'huile d'excellente qualité. Les autorités relevèrent également tardivement un autre détail qui clochait. Mme Navarro avait en fait été hospitalisée pour la première fois en novembre 1979, soit dix-huit mois avant l'apparition de "la colza". Son cas ne cadrant plus avec la thèse officielle, son nom fut rayé de la liste des victimes.
C'est ainsi qu'ont été établies de manière générale les statistiques concernant l'épidémie. Si des victimes - afectados - ou des membres de leur famille déclaraient avoir consommé de l'huile, leurs noms étaient ajoutés à la liste officielle ; s'ils certifiaient n'en avoir jamais consommé, leurs noms en étaient exclus. Mais, le ministère de la Santé ayant fait savoir que seules les personnes dont le nom figurait sur la liste auraient droit à une indemnisation de la part de l'Etat, les afectados étaient fortement incités à dire qu'ils avaient consommé de l'huile. Tout cela contribua à conforter la position du gouvernement, rendant presque impossible l'établissement d'un bilan épidémiologique précis.
Pendant ce temps, ne tenant aucun compte de la ligne officielle, un médecin poursuit sa propre enquête. Ayant écarté l'huile de colza comme agent possible d'empoisonnement, le Dr Muro et ses collègues s'intéressent aux autres produits entrant dans la composition des salades. Après avoir interrogé des vendeurs sur les marchés, des chauffeurs routiers et environ quatre à cinq mille familles touchées par la maladie, ils concluent, sans aucun doute possible, que la cause de l'empoisonnement provient de tomates traitées aux pesticides. Les produits organophosphatés sont en effet susceptibles de déclencher l'ensemble des symptômes observés par les médecins.
Le Dr Muro et son équipe établissent que les tomates proviennent de la région d'Almería, à l'extrême sud-est de l'Espagne. Autrefois désertique, la région était impropre à l'agriculture jusqu'à ce que la découverte de nappes d'eau souterraines, dans les années 70, contribue à en faire un haut lieu de la production intensive. Fruits et légumes y sont désormais portés à maturité de manière accélérée sous d'immenses serres de plastique. Certains producteurs obtiennent jusqu'à trois ou quatre récoltes par an. Ce boom agricole n'a été rendu possible que par l'application de copieuses quantités de produits chimiques : nutriments, engrais et pesticides. On ne saura peut-être jamais ce qui s'est réellement passé, mais il est probable qu'un agriculteur a épandu de manière trop abondante les produits ou récolté ses légumes trop rapidement après la dernière application de produit. Les deux possibilités n'auraient rien d'étonnant : certains exploitants étaient illettrés et avaient peut-être du mal à lire les instructions figurant sur les bidons de pesticides.
Le Dr Muro avait recueilli de nombreux soutiens, mais, la version officielle étant de plus en plus enracinée dans la population, il fut marginalisé en tant que seule voix dissidente. En 1985, il mourut subitement.
Le Dr Muro et son équipe avaient réalisé l'étude épidémiologique de terrain aussitôt après le déclenchement de la maladie. Pourtant, en 1992, l'OMS n'en avait que pour l'étude officielle, qu'elle qualifiait d'"étude épidémiologique complète et fouillée, soumise à une appréciation critique indépendante". Il est néanmoins extrêmement difficile de juger de l'exactitude et de la validité de l'étude officielle. Le FIS - l'organisme public espagnol chargé d'étudier le syndrome de l'huile toxique - refusait de divulguer les détails des recherches effectuées sur le terrain. Mais les familles interrogées dans le cadre de l'étude s'étaient vu attribuer des numéros de code que l'on a pu ensuite comparer avec la liste officielle des victimes versée au dossier de l'instruction. Grâce à cela, nous avons pu identifier les familles censées avoir été interrogées dans le cadre de l'étude et nous sommes allé les voir.
Comme nous avons pu le constater, il n'y a pas un seul cas dans lequel l'histoire vécue par la famille corresponde à ce qui figure dans les rapports officiels. Parfois, les différences sont minimes, mais, dans bien des cas, la version officielle n'a absolument aucun rapport avec les faits. Cela n'est guère surprenant, en un sens : si certaines familles se souviennent d'avoir reçu la visite d'enquêteurs, d'autres nous ont assuré qu'elles n'avaient jamais été interrogées.
Par ailleurs, la thèse de l'empoisonnement à l'huile n'est étayée par aucun résultat de laboratoire. Depuis le début de l'épidémie, en 1981, les huiles suspectes ont été analysées dans des grands laboratoires du monde entier. Aucun produit chimique ou agent contaminant susceptible d'expliquer les symptômes observés chez les afectados n'a jamais été trouvé. L'aniline - qui fut rendue responsable de l'épidémie - n'est mortelle qu'à des doses infiniment plus importantes que celles trouvées dans les échantillons d'huile et, de toute façon, les symptômes d'empoisonnement à l'aniline sont très différents de ceux qui ont été relevés chez les victimes. Les tests de laboratoire ont prouvé que l'huile de colza dénaturée n'était pas nocive pour les animaux. "L'huile a eu au contraire un effet très bénéfique chez tous les animaux testés, rapporte un chercheur. Leur fourrure est devenue plus brillante et ils ont pris du poids."
Le Dr Gaston Vettorazzi était responsable de la division toxicologie de l'OMS lors de l'apparition de l'épidémie. Cet expert aujourd'hui à la retraite nous a déclaré avec la plus grande courtoisie que, si une poignée de journalistes dépourvus de bagage scientifique parvenait à y voir clair dans cette affaire, c'est que la vérité devait vraiment sauter aux yeux. En d'autres termes, il ne pense pas que tout cela découle d'une série d'erreurs administratives, mais que la vérité a été délibérément étouffée par les autorités espagnoles. Comme il nous l'a expliqué, la thèse de l'huile de colza était "prédéterminée puisque c'était la ligne officielle de la prétendue science espagnole. On ne peut pas forcer un chercheur à suivre une ligne toute tracée. Si on fait ça, on tue la science." Pour des raisons aussi bien politiques qu'industrielles, on avait tout intérêt à cacher la vérité. Pour les multinationales de l'agrochimie, la révélation qu'un empoisonnement de masse était survenu en Espagne aurait été un énorme scandale et, sur le plan financier, un désastre. A l'époque, les pesticides organochlorés étaient éliminés progressivement au profit des organophosphates (OP). Les ventes mondiales d'OP au cours des deux dernières décennies ont généré des profits colossaux. Dans ce contexte, étouffer la cause véritable de "la colza" était un impératif commercial. Le gouvernement espagnol avait des intérêts tout à fait convergents. Alors que la tentative de coup d'Etat était encore dans tous les esprits, il était vital pour les ministres de montrer qu'ils contrôlaient la situation. Qui plus est, Almería représentait à cette époque un miracle économique, puisqu'elle produisait des fruits et des légumes destinés à être exportés dans toute l'Europe. Reconnaître que tous ces décès étaient dus aux pesticides contenus dans les tomates aurait eu des effets incalculables sur l'ensemble des exportations espagnoles - sans compter les conséquences désastreuses pour l'autre grande source de devises de l'Espagne, l'industrie touristique, en expansion constante. En revanche, dire que l'épidémie avait été causée par de l'huile de colza vendue à bas prix sur les marchés à une clientèle modeste ne pouvait pas avoir d'incidence sur le tourisme.
De façon honteuse, l'OMS continue de faire référence à l'épidémie espagnole en tant que "syndrome de l'huile toxique". Chaque jour dans le monde, on enseigne à des étudiants que la catastrophe a été provoquée par de l'huile alimentaire. Deux livres sont parus ces dernières années, faisant la lumière sur l'affaire. Le premier, Detrás de la colza [Derrière le colza], a été écrit par Granero, le bras droit du Dr Muro ; le second, publié en France, est dû à Jacques Philipponneau : Relation de l'empoisonnement perpétré en Espagne et camouflé sous le nom de syndrome de l'huile toxique [Encyclopédie des nuisances, 1994]. Malgré cela, le mensonge, complaisamment relayé par les médias, se perpétue dans le monde entier.
L'hebdomadaire Der Spiegel divulguait récemment une note interne du gouvernement allemand. Selon ce document, l'analyse de produits alimentaires importés montre que certains fruits et légumes provenant d'Espagne contiennent encore des doses dangereuses de pesticides. Certains poivrons seraient "hautement contaminés" et les résidus de produits chimiques ont "atteint des niveaux que nous ne pouvons plus tolérer". Mais c'est la dernière ligne de cette note qui est la plus éloquente : "En aucun cas, cette information ne doit être portée à la connaissance du public."
Indemnités

"Vingt ans après le début de l'épidémie, 60 % des victimes du syndrome de l'huile toxique n'ont toujours pas été indemnisées", constatait récemment le quotidien espagnol El País. En 1997, la Cour suprême avait condamné

l'Etat à payer 500 milliards de pesetas (3 milliards d'euros) aux personnes atteintes. A ce jour, seules 7 000 des 18 236 victimes ayant droit à être indemnisées ont touché de l'argent.

Modifié cabernet1 (fév. 15, 2011 22:39:34)

Hors-ligne

#4 fév. 12, 2011 21:40:44

sylvie57
Enregistré: 2011-02-12
Messages: 1
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international

et si nous français que nous sommes décidions de boycotter la grande distribution? le pouvoir de la masse contre les politiques et ces grands de la distribution qui font la loi! un nouveau commerce voit le jour, du producteur aux consommateurs, et c'est vrai, tout le monde y gagnera. Je suis confiante, le mouvement est en marche. C'est par la sensibilisation des consciences que les choses bougeront.

Hors-ligne

#5 fév. 13, 2011 15:30:23

pierrepriolet
Enregistré: 2010-04-24
Messages: 32
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international

Sylvie,
vous avez raison. Ensemble nous ferons bouger les lignes!
Amitié
Pierre

Hors-ligne

#6 fév. 13, 2011 22:18:12

AMEDIEN
Enregistré: 2011-02-13
Messages: 1
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international

Je suis en Guadeloupe et je viens de voir un agriculteur en colère présenter non pas son livre mais la cause agricole.

Bravo.

Bon courage.

Hors-ligne

#7 fév. 16, 2011 08:50:42

ecophyto
Enregistré: 2011-01-31
Messages: 253
Envoyer un courriel  

classé secret défense vérité sur le scandale de l'huile frelatée / Courrier international

Hors-ligne

Pied de page

Modération
Share |