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#1 fév. 13, 2011 13:37:15

cabernet1
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Le VIN du 21 ème Siècle sera Moins Alcoolisé.

Midi Le vin du XXIe siècle sera moins alcoolisé
Le vin du XXIe siècle sera moins alcoolisé





Comment tuer le père dans le bon sens du terme ! Élevée par un fameux “guerrier du vin” et occitaniste convaincu, l’Audoise Claude Vialade (basée à Lézignan-Corbières et Ribaute) a transposé ce double héritage dans la modernité et l’économisme : « Pour moi, Volem viure al pais, c’est faire rentrer des devises dans la région ! Dans le vin, cela implique d’analyser les marchés et d’élaborer des produits adaptés. Sans jamais abandonner l’éthique du vigneron... »

Cette conviction l’avait déjà conduite à investir il y a quinze ans dans le vin bio, anticipant la déferlante d’aujourd’hui. Une innovation chassant l’autre, cette femme de défis est encore en pointe dans la grande affaire de demain : la désalcoolisation et l’allégement calorique des vins
(*).

Ainsi est née la gamme So’Light, composée de trois vins (rouge, blanc, rosé) titrant 9° et “pesant” 65 calories par verre (pour certains vins c’est 150 !) D’un air finaud, Claude Vialade vend l’article : « Un verre de 12 cl est l’équivalent d’un yaourt allégé. C’est le seul vin qui vous fait maigrir ! » La rigueur de la lutte anti-alcoolique, les nouveaux modes de vie citadins et l’envie d’une approche moins “intellectuelle” du vin concourent à l’émergence des produits light. À la tête d’un négoce qui réalise 95 % de ses affaires à l’export, Claude Vialade était peut-être mieux armée pour sentir ces fameuses vibrations du marché qui, sans cesse, la guident. Après une visite dans une chaîne de spa aux Pays-Bas, c’est la révélation : « J’ai découvert des gens qui mettent en avant la santé et le bien-être en restant des épicuriens qui apprécient l’osmose unique entre un petit plat et un bon vin. »

Clignotant allumé, l’Audoise a affiné l’enquête auprès des clients et distributeurs. « Je me suis rendue compte qu’il y avait ce même type de consommateurs sur tous les continents. Des gens actifs, qui doivent rester compétitifs dans leur journée de travail... et sont attachés à leur permis de conduire. »

La chance de Claude Vialade, c’est que l’équipe de l’Inra de Narbonne (voir ci-contre) étudie la question des vins allégés depuis presque dix ans ; ses travaux débouchent en 2008 sur une méthode fiable, qui ne nuit pas aux qualités gustatives du vin. Claude Vialade fonce : elle mobilise les dizaines de producteurs en contrat avec elle et élabore un premier pilote de 9 000 bouteilles pour Vinexpo 2009. Succès immédiat !

À ce jour, 100 000 bouteilles de So’Light se vendent dans le monde (5 €) et les perspectives s’établissent entre 700 000 et un million de cols rapidement. « Mais on a encore besoin de faire évoluer la législation. La France reste trop frileuse par rapport à l’Espagne et l’Italie... », se plaint la patronne des domaines Auriol. On peut compter sur cette battante pour mener ce combat-là. Car on a beau tuer le père, le sang des “guerriers” ne se distille pas comme vulgaire alcool.

Fruit de recherches

La technique d’osmose inverse est issue des labos de l’Inra de Narbonne. Il s’agit de faire passer les composants du vin à travers deux membranes plus ou moins poreuses pour éliminer une partie de l’alcool par évaporation. « C’est la méthode qui protège le mieux les qualités organoleptiques du vin », assure le chercheur Jean-Louis Escudier. En Languedoc, quelques producteurs, comme Listel, parviennent à désalcooliser des rosés ou des blancs en avançant la date de la récolte.

PATRICK NAPPEZ
(*) Le domaine de la Colombette (Béziers) est un autre pionnier avec son vin Plume.

Modifié cabernet1 (fév. 13, 2011 13:37:34)

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