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#1 avr. 6, 2011 22:28:30

cabernet1
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On aura pas une Alimentation Saine, Diversifiée ,de Qualité et pas Chère (Xavier Beulin/Terraeco)

« ?On n’aura pas une alimentation à la fois saine, diversifiée, de qualité et pas chère? »

Interview - A quoi ressemblera l’assiette du futur ? Que du bio ? Des OGM à gogo ? Réponses du patron de la FNSEA Xavier Beulin et de l’agronome Marc Dufumier.
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Article publié dans le
N° 24 - avril 2011

Xavier Beulin Il y a les objectifs du Grenelle, un dispositif national, des mesures européennes pour aider aux conversions et à la production bio. Et puis, un soutien indirect via la restauration collective. Tout cela incite beaucoup d’agriculteurs à tenter la conversion ou à se lancer en bio. Il faudra mesurer dans le temps ce que ça donne. Mais cela suppose que les consommateurs acceptent de consacrer plus d’argent à se nourrir. La part de l’alimentation dans les budgets était de 16?% en 2000. Elle est de 11?% aujourd’hui, malgré la hausse du pouvoir d’achat. C’est un point fondamental pour le bio comme pour le conventionnel. On a atteint un seuil difficilement compressible. On ne peut pas avoir une alimentation à la fois saine, diversifiée, de qualité et pas chère.

Marc Dufumier Oui, le bio restera plus cher que le conventionnel. Et pour le rendre accessible aux plus modestes, il faut une politique de redistribution des revenus. Tout est lié. Et oui aussi, le bio va prendre de plus en plus de place. Mais il pourra sortir de son marché de niche uniquement si les pouvoirs publics l’encouragent davantage. Or il y a urgence à mettre en place des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Il nous faut revoir la copie pour parvenir au zéro « agrotoxique ». Y aller de façon décisive et massive et sortir le bio de la marge. Une solution pourrait être de transférer les subventions en faveur du bio vers la restauration collective. L’idée étant que les cantines achèteraient en masse, et à un prix juste pour les paysans, des produits bio de qualité et de proximité. Les circuits de distribution atteindraient une taille critique, économiquement viable, un marché stable et rémunérateur s’installerait. Aujourd’hui, quand les grandes surfaces veulent se ravitailler en bio, elles vont à l’étranger, en Autriche, en Allemagne, en Italie, des pays où les circuits de distribution ont atteint cette taille critique.

Faut-il une agriculture bio à deux vitesses, intensive et moins exigeante d’un côté et paysanne et ultraqualitative de l’autre ?

X.B. On ne vit pas dans un monde angélique. Si demain l’industrie et la grande distribution se mettent sur ce segment, ça ne se fera pas d’une façon différente de ce qui se passe pour l’agriculture conventionnelle. Pour y répondre, nous, en face, devons avoir une organisation et des volumes qui sont ceux des grandes et moyennes surfaces.
M.D. Surtout pas de système à deux vitesses ! Il nous faut un seul bio et il doit être intensif. Pas en produits chimiques, mais en plantes capables de prendre l’azote de l’air, en coccinelles, en abeilles, en utilisation de ressources naturelles renouvelables et inépuisables. Il faut reconstituer l’humus des sols, planter des haies pour éviter les vents desséchants. On peut produire beaucoup à l’hectare avec des techniques artisanales. Le mot intensif n’est pas opposable au mot paysan. En revanche, notez que l’agriculture moto-mécanisée et chimique est une agriculture très extensive.

Le Grenelle annonce 50?% de réduction des quantités de pesticides utilisés, d’ici à 2018. Est-ce que c’est jouable ? Et si oui, comment ?

X.B. C’est dans le Grenelle, l’objectif sera tenu. Depuis dix ans, on a déjà réduit de 30?% l’usage des pesticides. On a travaillé en amont sur la recherche fondamentale avec l’Inra (Institut national de la recherche agronomique, ndlr) pour détecter les techniques moins consommatrices de pesticides, comme la rotation des cultures. C’est un travail de longue haleine mais il y a des signes positifs. Sur mon exploitation, on a diminué de 10?% les pesticides avec du matériel performant.
M.D. L’Inra affirme qu’on peut réduire de 30?% les pesticides en 2018 en modifiant les pratiques à la marge (1). Mais les réduire de 50?% ne sera possible qu’à condition de refondre totalement notre système de production. Il y a des démarches de production raisonnées intelligentes, mais elles butent sur une limite : nos systèmes sont trop spécialisés et trop courts. Il faut réassocier agriculture et élevage. La refonte, c’est quelque chose de savant et d’artisanal à la fois.

Y aura-t-il une place pour les OGM dans la production française et dans nos assiettes ?

X.B. J’ai un regard distant sur la première génération d’OGM, comme le maïs Bt ou les OGM résistants aux herbicides. Ils ont été un moyen de subordonner les agriculteurs à des technologies. Mais aujourd’hui, les grandes firmes internationales sont dans une autre approche. Elles cherchent des réponses techniques à des enjeux auxquels nous sommes confrontés. Si demain on crée des plantes qui résistent mieux à la sécheresse ou qui savent capter l’azote de l’air pour se nourrir, qui sont testées au plan environnemental et sanitaire, pourquoi s’en priver ? Il faut au minimum une cellule de veille et de recherche. Et aller au-delà des peurs et de l’idéologie. Ma position est pragmatique.
M.D. Ces OGM première génération ont un intérêt immédiat : ils permettent d’utiliser moins de pesticides et de désherber à moindre effort. Mais les expériences du Canada, de l’Argentine et du Brésil montrent que des espèces résistantes finissent par se développer. Ça n’est donc pas une solution. Quant aux OGM deuxième génération, on m’en parle depuis dix ans ! Les manipulations des gènes sont difficiles et peuvent avoir des conséquences sur des fonctions de la plante qu’on ne voulait pas toucher au départ. Par exemple, le fameux « riz doré » génétiquement enrichi en vitamine A : il s’avère que la plante utilise ses propres hydrates de carbone pour la produire. Conséquence, elle a un moindre rendement. Mieux vaut ajouter des tomates ou des carottes dans son assiette pour avoir de la vitamine. Je ne suis pas dans la diabolisation, j’attends de voir. Mais je sais qu’il est plus urgent d’attribuer des budgets de recherche au fonctionnement de l’agro-écosystème. Il y a tellement de choses à faire, avec des résultats prometteurs et directement accessibles aux paysans.

De plus en plus, des circuits courts recréent des liens étroits entre consommateurs et producteurs. Est-ce une tendance lourde ?

X.B. Ces expériences, notamment celles du développement des ceintures vertes autour des villes sont intéressantes. Il faut les encourager. Et puis les circuits courts, c’est aussi l’organisation à l’échelle de bassins régionaux de liens plus formels entre filières animales et végétales. La Politique agricole commune a fait de nous des hyper-spécialistes. Il faut remettre de la transversalité, sans pour autant revenir en arrière vers le modèle de la ferme où tout est intégré. Mais recréer des boucles locales : produire du végétal pour nourrir des animaux voisins, qui eux-mêmes produiraient des fertilisants servant à la production des végétaux.
M.D. Les grandes et moyennes surfaces s’approvisionnent loin pour faire des économies d’échelle. Certains circuits courts, tant qu’ils n’atteignent pas une taille critique peuvent être contreproductifs. Exemple : si chaque abonné à une Amap vient avec sa voiture chercher son panier hebdomadaire sur l’exploitation, la facture en CO2 pèse lourd. En revanche, on peut faire en sorte que des producteurs de qualité puissent en nombre approvisionner la restauration collective sur un circuit court. Alors on réduit les coûts de la collecte et les émissions de CO2. Faisons des Amap, mais de taille critique. Alors on devient compétitifs. Et oui, avoir mis de la distance entre l’élevage et la culture est une erreur grave. Il faut que la paille des céréales serve de litière aux animaux puis devienne du fumier. Remettons de l’élevage en Picardie, dans le Vexin, en Beauce.

Doit-on craindre des scandales sanitaires, du type dioxine dans les œufs en Allemagne ? La qualité générale de notre alimentation se dégrade-t-elle ?

X.B. On a sans doute en France les meilleurs services au monde en matière de prévention des risques. D’ailleurs, nous, les producteurs, trouvons parfois qu’on en fait trop par rapport à nos voisins. Il y a un marché unique en Europe, mais les règles sanitaires et environnementales ou les pratiques agricoles ne sont pas unifiées. Cela crée des distorsions de concurrence. Et la France perd des parts de marché chez elle comme à l’exportation, à cause de cela et du coût du travail. En Allemagne, l’augmentation du cheptel porcin sur les dix dernières années est égale à la production nationale française… Pas sûr qu’on ait gagné si, au final, on a tué une partie de l’élevage français. Il ne faut pas baisser la garde, nous ne voulons pas un nivellement par le bas, mais nous ne voulons pas non plus être en décalage par rapport aux standards des autres européens. Les ONG qui nous tapent dessus devraient s’intéresser à ce qui se passe à l’étranger.
M.D. Il s’agit de problèmes environnementaux qui dépassent le cadre de l’élevage. On aurait tort de les imputer aux seuls agriculteurs. La France ne sera pas exempte de scandales. Le glyphosate pourrait provoquer le prochain. C’est un herbicide, celui du Roundup, qu’on retrouve aujourd’hui sous d’autres marques. Il est biodégradable mais l’une de ses composantes biodégradées, l’AMPA, est inquiétante : elle est peut-être liée à des cancers et des maladies neurovégétatives. Le principe de précaution voudrait qu’on en limite l’épandage. Le problème, c’est qu’il est difficile de dire qu’un pesticide est la cause directe d’un cancer. Il n’est pas sérieux de faire des liens de cause à effet, sans faire d’études prolongées. Le seul lien avéré entre un pesticide et une maladie est celui du chlordécone, utilisé pendant des années pour les bananes aux Antilles, et du cancer de la prostate. Globalement, on doit l’espérance de vie accrue à une meilleure sécurité alimentaire. Mais les épidémiologistes laissent entrevoir un autre tableau pour les jeunes générations. Il y a de fortes présomptions pour que l’exposition à des pesticides ajoutée à d’autres pollutions – celles par exemple qu’on trouve dans les maisons –, forme un cocktail chimique entraînant la stagnation, voire la diminution de l’espérance de vie. Il y a urgence à appliquer le principe de précaution, qui n’est pas un principe d’inaction. Au contraire, il s’agit de mettre en place les alternatives. Et l’alternative constructive aujourd’hui, elle existe, c’est l’agriculture bio. —

(1) Etude Ecophyto R&D parue en janvier 2010.

Xavier Beulin Céréalier du Loiret et président de Sofiproteol, géant français des huiles, il a été élu à la tête de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles en décembre.

Marc Dufumier Ingénieur agronome, il dirige la chaire d’agriculture comparée à AgroParisTech et mène des projets de développement agricoles en France et dans les pays en développement.

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#2 avr. 6, 2011 22:36:46

cabernet1
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On aura pas une Alimentation Saine, Diversifiée ,de Qualité et pas Chère (Xavier Beulin/Terraeco)

Alimentation: "un panier des essentiels" a? prix attractif en grande surface
Les repre?sentants de la grande distribution se sont engage?s mercredi a? fournir, d'ici fin avril, un "panier des essentiels" constitue? d'une se?lection de produits alimentaires, qu'ils veulent de qualite?, a? des prix attractifs, en pleine flambe?e des prix.
Carrefour, Ge?ant-Casino, Auchan, Match, Monoprix, Leclerc, Cora, Syste?me U, Intermarche?, ont signe? avec le secre?taire d'Etat au Commerce et a? la Consommation, Fre?de?ric Lefebvre, une convention qui pre?voit de proposer un panier de ce type avant fin avril.
Le panier des essentiels, "c'est donner la possibilite? aux Franc?aises et aux Franc?ais, a? travers un panier, de de?couvrir des produits de qualite? a? des prix abordables pour tous", a commente? M. Lefebvre devant la presse.
Toutefois, "il ne s'agit pas d'un panier du pauvre (...). C'est un panier pour tout le monde", a-t-il souligne?.
Chaque enseigne affichera, selon un rythme hebdomadaire, sa propre se?lection d'environ une dizaine de produits dont un fruit, un le?gume, une viande, un poisson, un fromage ou produit laitier et une boisson.
Il s'agit de mettre en avant "pluto?t des produits bruts" par opposition a? des produits premiers prix comme les pizza surgele?es, "tre?s bon marche?" mais qui ne brillent pas par leurs qualite?s nutritionnelles, selon une source proche du dossier.
Alimentation: "un panier des essentiels" a? prix att... http://actu.orange.fr/economie/alimentation-un-p...
2 sur 3
06/04/11 22:32
"Chaque semaine, nous allons offrir un panier de produits de qualite? (...) a? moins de 20 euros pour une famille de quatre personnes" qui permettra de faire trois repas, a assure? le directeur de Carrefour France, James McCann, qui lance son panier de?s mercredi a? 18,98 euros. Ge?ant-Casino devrait suivre avec une se?lection a? 18,84 euros.
Cette initiative intervient dans un contexte de hausse attendue des produits de premie?re ne?cessite?, notamment en raison de la flambe?e du prix des matie?res premie?res agricoles qui s'ajoute a? celle de l'e?nergie. Certaines cate?gories de produits devraient connai?tre des hausses a? deux chiffres comme la farine (de 15% a? 20%) ou le cafe? (de 10% a? 20%).
Co?te? associations de consommateurs, si Familles Rurales "accueille pluto?t favorablement" cette initiative, UFC-Que Choisir affiche son "ame?re de?ception".
Familles Rurales salue "une de?marche qui encourage l'alimentation e?quilibre?e et qui veut de?montrer qu'il est possible de trouver des produits de qualite? a? des prix abordables".
Mais cette initiative "ne re?sout pas le proble?me des prix dans un contexte de hausse ge?ne?ralise?e des produits alimentaires", tempe?re-t-elle dans un communique?.
Plus tranche?e, l'UFC-Que Choisir estime qu'il s'agit d'une "mesure qui a tout du +gadget+", au service, selon elle, "de la grande distribution et de la communication gouvernementale".
L'alimentation pose actuellement deux proble?mes majeurs, analyse Olivier Andrault, charge? de mission alimentation a? UFC-Que Choisir: "La hausse des prix qui se profile et qui se rajoute a? celle que nous avons de?ja? connue en 2007-2008, ainsi que la mauvaise qualite? nutritionnelle de notre alimentation".
Les hausses de prix "vont avoir un impact extre?mement grave sur le pouvoir d'achat des me?nages, notamment pour les plus modestes", a-t-il releve?.

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#3 avr. 6, 2011 22:39:43

cabernet1
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On aura pas une Alimentation Saine, Diversifiée ,de Qualité et pas Chère (Xavier Beulin/Terraeco)


Les produits de première nécessité devraient être les plus touchés par cette hausse. Le prix du beurre pourrait augmenter de 4 à 8%, et celui de l’huile de 5 à 8%. En outre, le fromage devrait augmenter de 2 à 4% et les biscuits entre 3 et 10%. « Un certain nombre de produits augmenteront un peu plus en raison de la hausse des matières premières », a affirmé Jacques Creyssel, délégué général de la FCD. C’est le cas de la farine, des pâtes, et du beurre. A l’inverse, le prix de certains produits ne devrait pas varier : les plats cuisinés, certaines eaux minérales, le riz, et les glaces.

« Ces hausses interviennent dans un contexte de négociations entre les grandes enseignes et les fournisseurs. La grande distribution veut se poser en garante du pouvoir d’achat des consommateurs », décrypte Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l’UFC Que Choisir. Ces hausses peuvent s’expliquer par les fluctuations importantes des prix agricoles. Jusqu’à 2007, ils étaient assez stables, encadrés notamment par la politique agricole commune (PAC). Depuis, de nombreux dispositifs ont disparu. Les cours de matière première font l’objet de spéculations financières, ce qui accélère l’effet yoyo. Mais pour Olivier Andrault, la grande distribution tiendrait « un double discours » : « Certains acteurs de la grande distribution ne répercutent pas la baisse des prix agricoles en rayons » (voir interview).
A lire aussi

* Olivier Andrault« Cette hausse des prix nous scandalise »

Quel supermarché choisir ?

Ces hausses de prix devraient modifier les comportements des consommateurs. Ils « vont changer leur régime alimentaire pour arriver à ne pas augmenter leur chariot moyen », estime Pascale Hébel, directrice du département consommation à l'organisme de recherche Crédoc, citée par l’AFP. Les consommateurs ne devraient pas forcément se restreindre sur les articles qui affichent les plus fortes hausses, car il s’agit de produits de base, comme les pâtes, ou les farines. Mais ils pourraient bouder d’autres produits, traditionnellement plus chers. Autre possibilité pour le consommateur avide de bonnes affaires : comparer les prix en fonction des enseignes. Et là, surprise ! Contrairement aux aprioris, les hard discounts sont parfois plus chers que les grandes surfaces traditionnelles, indique une enquête réalisé par le magazine Que choisir.

L’enquête a révélé jusqu’à 20% d’écart de prix en fonction des supermarchés, pour les marques nationales ou les marques de distributeurs. Hors discount, Leclerc s’impose comme le moins cher des distributeurs. A l’inverse, Monoprix, enseigne de centre-ville, propose les prix les plus élevés. Entre les deux, l’écart de prix sur un panier d’une trentaine d’articles frôle les dix euros. Enfin, pour contrer ces prix en hausse, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à fréquenter des sites Internet d’achats groupés. Une façon d’obtenir des réductions auprès des commerçants, en achetant à plusieurs. En période de crise, l’union des porte- monnaies fait la force !



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#4 avr. 6, 2011 22:40:52

cabernet1
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On aura pas une Alimentation Saine, Diversifiée ,de Qualité et pas Chère (Xavier Beulin/Terraeco)

article - Boire & Manger, 01/04/2011
Hausse des prix de l'alimentaire : une occasion de se mettre au bio ?

Des matières premières alimentaires comme le blé, le lait et l'huile, ont vu leur prix augmenter une fois de plus au mois de mars 2011. Les temps sont durs… mais peut-on arriver à contourner l'inflation en consommant bio ?

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Les produits issus de l'agriculture conventionnelle les plus touchés par la hausse des prix sont… (sources : Le Figaro, Leclerc)

- la farine, avec 15 à 28% d'augmentation selon les marques
- le café, avec 10 à 22% (15% pour le Robusta, 22% pour l'Arabica)
- l'huile, avec 5 à 8% (4 à 6% pour les huiles de tournesol et d'arachide)
- les pâtes, avec 5 à 10%
- les biscuits, avec 4 à 10%
- le pain et le chocolat ex aequo avec 5 à 7%,
- le beurre, avec 4 à 8%
- le fromage, avec 2 à 4%

Ceux qui devraient rester stables pour le moment sont… les plats cuisinés, le riz, les glaces et certaines eaux minérales.

Ceux qui ne sont pas concernés par cette augmentation, parce qu'ils ne sont pas rentrés dans les négociations de prix entre fabricants et distributeurs sont : les produits de marque des distributeurs, la viande et les légumes.

Comment faire passer la pilule ? Selon Jacques Creyssel, le délégué général de la FDC ( Fédération des entreprises du commerce et de la distribution), l'augmentation des prix, alimentaire et non-alimentaire confondus, sera de 2% en moyenne et se fera de façon "progressive et modérée". Sauf que si on ne prend que les produits alimentaires, on arrive déjà à une hausse de 3 à 3,5%, selon le grand distributeur Leclerc. De plus, les produits concernés sont tous des produits de base de l'alimentation. Pour compenser, les grandes enseignes - qui ne perdent jamais le Nord - ont déjà lancé des opérations promotionnelles tout azimut, et sont parvenues à conserver les prix de leurs produits de marque distributeur.

Selon Alain Bazot, le président de l'UFC-Que choisir, cette hausse est inacceptable car les variations de prix sont toujours à sens unique, et au détriment des consommateurs : les prix des matières premières étaient en baisse depuis deux ans, mais les prix des produits alimentaires, eux, n'ont pas baissé. Cela signifie que la marge a été absorbée par la grande distribution et les intermédiaires. Alain Bazot précise dans son blog qu'aucune association de consommateurs n'était présente lors de la réunion ministérielle du 2 février, où a été décidée cette hausse "juste et contrôlée". Ce dernier n'a en effet appris la tenue de cette réunion que deux jours plus tard, à laquelle l'UFC-Que Choisir n'avait de fait pas été conviée.

Comment, dans de telles conditions, le consommateur peut-il manger correctement tout en défendant le contenu de son porte-monnaie ? Manger bio ? Oui, mais c'est plus cher, et le secteur n'est pas épargné par la hausse des prix. Cependant, le marché bio résiste à la crise car les prix des aliments bios sont moins touchés par les fluctuations financières, et restent généralement plus stables. Cela dit, consommer bio est aussi et surtout une façon d'être. Le secret réside dans la sim-pli-fi-ca-tion. De quoi ? De tout : production, transport, emballage, distribution, consommation… En gros, tout ce qui est compliqué pollue plus et coûte plus cher. A court terme, le bio coûte plus cher. Mais à long terme, ce sont les aliments non-bios qui coûtent le plus cher (lire l'interview d'Isabelle Saporta, qui explique tout cela très bien) Avec une dynamique de simplification, si l'alimentation bio se développe, la balance des prix devrait finir par s'inverser.

En attendant que le gouvernement français et la PAC investissent à fond dans l'agriculture biologique pour la rendre accessible à tous, voici quelques trucs pour acheter bio de façon économique. (au passage, cela marche aussi pour le non-bio, mais ce sont le plus souvent les producteurs et les distributeurs bios qui proposent des produits correspondant aux critères qui vont suivre).

1. Choisir les produits les moins transformés et les moins emballés possible : chaque transformation implique un intermédiaire, et donc un surcoût. Il n'y a rien de tel que de faire sa cuisine de A à Z. En bio comme ailleurs, évitez les plats préparés qui reviennent très cher. Dans les magasins bios, vous pouvez trouver de nombreux produits en vrac, comme les céréales, la farine, les pâtes, et les fruits et légumes secs, le sel, le sucre. C'est tout bénef parce qu'ainsi vous économisez l'emballage et le prix de l'emballage. En général, cela ne revient pas beaucoup plus cher qu'un produit non-bio de marque. Evitez aussi de consommer trop de viande, car c'est l'aliment qui consomme le plus de ressources à la production.

2. Choisir les produits qui ont le moins voyagé : le top, c'est ceux qui sortent de votre jardin. Vous pouvez vous procurer des semences de fruits et légumes bios adaptés au climat et au sol de chez vous chez des associations comme Kokopelli. Sinon, on ne le répètera jamais assez : achetez local ! Non seulement c'est plus écologique parce que ça évite le transport, mais en plus cela revient moins cher, parce que ce transport a un coût. La vente locale se décline sous de multiples formes : vente directe chez le producteur, marché local, Amaps… il y a même des producteurs qui vous invitent à venir cueillir vos fruits et légumes vous-mêmes, comme ça le prix de la main d'oeuvre est directement déduit de votre ticket de caisse (trouver un exemple) !

3. Choisir les produits les moins anachroniques : en clair, pas de fraises en plein hiver, pas de chou de bruxelles en plein été. Les complications dues à la consommations de fruits et légumes anachroniques sont diverses et variées : elles se rapportent, selon les produits et les saisons, aux méthodes de production (serres, traitements…) ou aux méthodes de conservation ( conserves, surgelés…).

4. Choisir les produits dont vous avez besoin : autrement dit, évitez les gadgets alimentaires.

5. Perdre du temps à lire les étiquettes, à comparer les prix et à chercher des informations pour gagner de l'argent sur le panier de la ménagère.

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