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#1 août 10, 2011 15:17:03

cabernet1
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Un PLAN MARCHAL Septembre 2011 contre les Algues Vertes

La mort de 25 sangliers relance la polémique sur l'algue verte
Publié le 26-07-11 à 13:10 Modifié le 29-07-11 à 18:53 18 réactions

Des analyses ordonnées par le préfet des Côtes-d'Armor doivent établir si les animaux ont été intoxiqués par les algues en décomposition.

Les deux premiers sangliers avaient de la vase dans les voies aériennes : "Cela n'évacue pourtant pas l'hypothèse d'une intoxication à l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues en décomposition", estime Gilles Huet. (AFP)

RéagirLes cadavres d'une quinzaine de sangliers ont été découverts mardi 26 juillet sur le site des Côtes-d'Armor où dix autres sangliers ont été retrouvés morts depuis début juillet.

Ces découvertes relancent la polémique sur la pollution aux algues vertes en Bretagne. A Morieux, la plage a été fermée en raison d'une forte concentration d'ulves, la fameuse algue verte. Alors que deux cadavres avaient été récupérés au début du mois de juillet, "curieusement, le préfet n'avait pas décidé de faire pratiquer des analyses toxicologiques pour l'hydrogène sulfuré dans les organes respiratoires", s'est étonné Gilles Huet, délégué général d'Eau et rivières de Bretagne contacté mardi 26 juillet par Le Nouvel Observateur.

Ces deux premiers sangliers avaient de la vase dans les voies aériennes. "Cela n'évacue pourtant pas l'hypothèse d'une intoxication à l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues en décomposition. S'il est intoxiqué, le sanglier se retrouve le groin dans la vase : c'est normal qu'il en inhale", explique Gilles Huet.

Selon le docteur Claude Lesné, l'absence d'informations sur l'état des tissus pulmonaires dans le compte-rendu d'autopsie des deux sangliers est anormale. Rien non plus sur un dosage de l'hydrogène sulfuré dans le sang. Le médecin explique que ces manques laissent libre court à toutes les interprétations.

"On n'a pas ces résultats : il s'agit soit de sottise, soit d'un manque de transparence", estime-t-il. Pour lui, que ce soit par intoxication à l'hydrogène sulfuré ou par asphyxie dans la phase, la mort des sangliers confirme la dangerosité des algues vertes qui sont à l'origine de ces vases profondes.

Analyses complémentaires

Pour les huit autres animaux retrouvés dimanche, le préfet des Côtes-d'Armor a décidé de faire procéder à des analyses complémentaires. Si, pour le moment, rien ne permet d'incriminer l'algue verte, les associations environnementales estiment que la découverte de sangliers morts sur un site particulièrement envahi par les ulves suscite des interrogations légitimes.

La menace d'accidents similaires est toujours là

Ces nouveaux épisodes révèlent que la menace d'accidents similaires à la mort de chiens en 2008 et d'un cheval en 2009 reste d'actualité, malgré les efforts d'information et de prévention mis en place par les pouvoirs publics.



Depuis le mois de juin, favorisées par la chaleur précoce, les algues vertes se multiplient et l'usine de traitement de Lantic est régulièrement saturée. Au 18 juillet, près de 32.000 mètres cubes d'algues ont été ramassés sur les plages bretonnes, en augmentation par rapport à l'an dernier. Le plan gouvernemental mis en place début 2010 pour venir à bout de cette pollution tarde à porter ses fruits. Le plan se concentre sur le ramassage plus que sur la prévention de la prolifération des ulves.

"Cela fait 40 ans que les autorités font comme si ce n'était pas grave", se désole le docteur Claude Lesné pour qui le ramassage ne suffira pas : "Tout reste à faire". Selon ce médecin, la seule solution passe par une réduction drastique des flux de nitrates dans l'eau. L'objectif fixé par le plan gouvernemental n'est pas suffisant. "La mer n'arrive plus à absorber cette pollution. Même avec une politique de réduction des nitrates importante, il faudrait plusieurs années pour que le milieu retrouve son équilibre. Et là, on est reparti : dans 10 ans, on aura toujours les mêmes marées vertes car on aura toujours trop de nitrates", estime Claude Lesné.

Sarkozy et les "intégristes"

En déplacement à Crozon le 7 juillet dernier pour évoquer la protection du littoral, Nicolas Sarkozy a défendu les agriculteurs accusés d'être responsables des flux de nitrates vers les côtés contre les "intégristes" de l'écologie.

"Les agriculteurs ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a longtemps", a lancé le président de la République pour qui "il y aura toujours les intégristes qui vont protester et on n'entend qu'eux. Plus c'est excessif, plus on leur donne la parole".
Ces propos sont restés incompris en Bretagne. "Nous dénonçons les problèmes liés à ce type d'agriculture depuis 40 ans. Les associations ne font que le travail de citoyen. Depuis toujours, notre combat est non violent et citoyen. Le président de la République devrait au contraire s'honorer d'avoir de tels interlocuteurs", se désole Gilles Huet.

Pratiques des services de l'Etat en région

Le militant reconnaît qu'il s'agit d'un sujet sensible mais, selon lui, il existe en Bretagne un vrai travail de concertation et de débat. Pour Gilles Huet, "l'écart entre les propos du président de la République et les pratiques des services de l'Etat en région est particulièrement incompris."

A Crozon, Nicolas Sarkozy a défendu les projets de méthanisation agricole. Utile pour l'énergie, la méthanisation ne règle pas la gestion de l'azote, estiment les associations environnementales. "Cette ambition affirmée du ministère de l'Agriculture n'aura aucun effet sur la réduction des quantités d'azote ni des nitrates dans l'eau" regrette Eau et rivières de Bretagne pour qui "cette annonce ne fait que troubler le débat tout en évitant de s'attaquer au fond du problème."

Louis Morice – Le Nouvel Observateur

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#2 août 10, 2011 15:19:04

cabernet1
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Un PLAN MARCHAL Septembre 2011 contre les Algues Vertes

Algues vertes. Ça suffit ?
10 août 2011 - 2 réaction(s)
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Lire également :
>Algues vertes : NKM hausse le ton

«Un jour, il faut que ça s'arrête. Ça fait 20 ou 30 ans que ça dure». Après des années de totale indifférence, l'État aurait-il pris la vraie mesure des algues vertes? Oui, la ministre de l'Écologie a parlé haut et fort hier, à Arromanches (Calvados). Oui, le Premier ministre s'est déplacé il y a deux ans à Saint-Michel-en-Grève (22). Oui, en juillet2010, à Binic, les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie ont rappelé l'implication de l'État dans un plan Algues vertes (84M€ sur 134) sur huit baies: l'urgence, désormais, selon Nathalie Kosciusko-Morizet. Un contrat de territoire vient d'être signé pour la Lieue de Grèves (Plestin-les-Grèves et Saint-Michel-en-Grève), entre les collectivités, 200 agriculteurs, l'État et les associations environnementales. Un second, bientôt, pour la baie de Saint-Brieuc. Les autres suivront. Mais que vaut ce plan? «Insuffisant», disent scientifiques et défenseurs de l'environnement. «Pour stopper les algues vertes, il faudrait descendre à des taux de 10mg/l dans les eaux». Or, des talus, le retour à l'herbe, à une meilleure fertilisation, ça ne suffit pas. C'est tout le modèle agricole breton qui est à repenser. «Impossible, sinon on disparaît», répliquent les agriculteurs de la FDSEA, arguant des efforts consentis depuis des années. L'État aura-t-il le courage et la volonté d'imposer un plan Marshall pour l'agriculture? De s'opposer au tout puissant agro-business et à la grande distribution qui mènent le bal. Pas sûr, au vu de la réponse équivoque de la ministre sur la question du projet d'assouplissement des règles d'épandage du lisier(+20%). Mais l'heure n'est plus à l'ambiguïté. D'environnemental, le problème des algues vertes est devenu question de santé publique. Et, en ce domaine, l'opinion publique attend des réponses rapides. D'autant plus que le contribuable breton en a «ras la patate» de payer, en amont, des subventions pour soutenir un système qui pollue et, en aval, la dépollution de l'eau et des mises aux normes incessantes. Un citoyen-consommateur qui a aussi le pouvoir et le devoir de peser sur le système par ses actes d'achats. Sans oublier l'arme du bulletin de vote dans l'urne. À ne pas confondre avec l'Urne, l'une des rivières qui se jettent dans la baie de Saint-Brieuc...

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#3 août 10, 2011 15:21:33

cabernet1
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Un PLAN MARCHAL Septembre 2011 contre les Algues Vertes

FRANCE SOIR Accueil > Actualité > Science/Ecologie > Algues vertes : “Il faut interdire l’accès aux plages”
La menace des algues vertes
Publié le 9 août 2011 à 07h08
Mis à jour le 9 août 2011 à 07h10
Algues vertes : “Il faut interdire l’accès aux plages”

Le Dr Claude Lesné, spécialiste des algues vertes, alerte sur le danger sanitaire en Bretagne et estime que les pouvoirs publics ont camouflé des informations.
Les algues vertes : un danger sanitaire
Les algues vertes : un danger sanitaire SIPA

Selon les dernières analyses publiées samedi, c’est bien l’hydrogène sulfuré émis par les algues vertes en putréfaction qui est responsable de l’hécatombe de sangliers dans l’estuaire du Gouessant, dans la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne. Une hypothèse défendue depuis des semaines par écologistes et chercheurs, à commencer par le Dr Claude Lesné, spécialiste de la toxicité des polluants aériens. Avec cinq scientifiques de renom (*), il lance un appel pour réclamer une transparence totale des pouvoirs publics sur le sujet.

France-Soir. Ce week-end, la préfecture des Côtes-d’Armor a admis le lien entre les algues vertes et la mort d’une trentaine de sangliers. Êtes-vous satisfait ?
Dr Claude Lesné. J’y vois surtout un changement de stratégie de communication. Depuis début juillet, la préfecture des Côtes-d’Armor cherche à camoufler les résultats. Enfin, elle reconnaît que la mort des sangliers n’a pas d’autre cause possible que l’hydrogène sulfuré (H2S) émanant des algues vertes en putréfaction. Elle a aussi promis de rendre publiques les analyses complètes, en accès libre. Tant mieux. Mais pourquoi, alors que l’Etat dispose de toutes les agences de sécurité sanitaire nécessaires, nous a-t-on raconté des bobards jusqu’à présent ? Nous, les scientifiques, sommes intrigués : avec les éléments parcellaires qu’on nous a fournis, le diagnostic était déjà clair il y a dix jours. Mais les autorités continuaient de douter. Pourquoi ? Qu’on nous montre tous les éléments !

F.-S. On a détecté un taux de 2,45 mg/kg d’hydrogène sulfuré dans les poumons d’un des animaux analysés. C’est inquiétant ?
C. L. Oui. C’est plus du double de la concentration relevée sur le cheval qui était mort à Saint-Michel-en-Grève, en 2009. Sur un des sangliers, on a retrouvé une concentration équivalente à celle de ce cheval. Et sur deux autres, un dosage de 50 à 75 % supérieur… Ce qui correspond à des taux décelés dans certains cas mortels chez l’homme : il y a un an, une mère et son enfant sont morts à la suite d’une intoxication domestique, avec des concentrations de 1,60 mg et 1,90 mg/kg en hydrogène sulfuré.

F.-S. La ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a confié, la semaine dernière, qu’elle attendait les résultats de l’ensemble des analyses pour se prononcer.
C. L. Qu’attend-on ? Qu’un drame humain se produise ? Il y en a déjà eu. Un cavalier a failli mourir. Un ramasseur d’algues est resté cinq jours dans le coma et a mis six mois avant de pouvoir retravailler. Enfin, il y a la mort d’un conducteur d’un camion de ramassage d’algues. Il faut que les pouvoirs publics reconnaissent enfin le rôle de l’hydrogène sulfuré dans ces trois intoxications, et qu’on indemnise les familles. Ce serait un signal fort envoyé aux Français. Aujourd’hui, avec 36 sangliers morts, la stratégie du camouflage explose. Il y a urgence à jouer la transparence.

F.-S. Faut-il fermer toutes les plages, au nom du principe de précaution ?
C. L. Oui, il faut interdire l’accès aux plages où le ramassage des algues est problématique. Sur les 3.000 kilomètres de côtes en Bretagne, seuls 50 sites, soit quelques centaines de kilomètres, sont concernés par la présence permanente d’algues vertes. Bien sûr, on ne peut pas mettre des barbelés partout. Mais puisqu’« un homme averti en vaut deux », il faut une information à livre ouvert. C’est la base de la sécurité. Aujourd’hui, la prévention est très insuffisante, aussi bien pour les Bretons que pour les touristes français et étrangers. Je reçois de nombreux e-mails qui me demandent : « Je voudrais aller sur telle plage, est-elle dangereuse ? » Les gens n’ont plus confiance dans les pouvoirs publics. C’est normal : on est dans une situation de crise, et on nous cache encore la vérité.

F.-S. Un accident chez l’homme est-il à craindre ?
C. L. Oui, je le répète depuis 2008. Imaginez, lors du prochain épisode de grandes marées, des gens qui vont et viennent partout sur la plage. Il suffit qu’une personne ait un malaise, dans une crique, comme le cavalier de Saint-Michel-en-Grève. Beaucoup de gens vont venir à son secours, qui respireront le même gaz toxique. On risque une « surcatastrophe ». On ne sait pas quand le prochain accident surviendra. Mais si on ramasse les algues, si on ferme les plages à risques, si on informe le public, on limitera les risques. Ensuite, il faut traiter la cause du problème.

F.-S. Justement, le Plan algues vertes, adopté début 2010, est-il adapté ?
C. L. Non, ses objectifs sont insuffisants, et sa mise en œuvre bien trop lente. Il ne s’agit pas de réduire les rejets azotés, et donc la prolifération d’algues vertes, d’ici quinze, vingt ou trente ans ! Il faut frapper plus fort, plus vite. Il faut un « plan Marshall » pour reconstruire l’agriculture en Bretagne. Les agriculteurs ont été mis dans une impasse, piégés dans le système de l’agrobusiness, il faut les aider à en sortir.

(*) avec Gaël Virlouvet (vétérinaire), Jean-Paul Guyomard (biologiste), Françoise Riou (médecin de santé publique), Jean-François Narbonne (toxicologue) et André Picot (toxico-chimiste).

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