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#1 sep. 11, 2011 14:15:32

cabernet1
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la république des MALETTES.......



Une bombe chasse l’autre. Quinze jours après les révélations du livre “ Le choc ” sur les coulisses du duel DSK-Aubry (coproduction Robert Laffont/ “ Nouvel Obs ”), une semaine après celles de “ Sarko m’a tuer ”, où la juge Isabelle Prévost-Desprez évoquait le versement de sommes en espèces au candidat Sarkozy (coprod Stock/ “ Libé ”/“ L’Express ”), une nouvelle enquête “ explosive ” paraît ce jeudi — chez Fayard et dans “ Le Point ”, cette fois. Où l’on notera, par parenthèse, que l’économie de la presse étant ce qu’elle est, les journalistes, pour faire leur métier, sont désormais, semble-t-il, condamnés à faire des livres…

C’est un fait qui mérite d’être souligné : pour mener à terme “ son enquête de dix-huit mois ”, Pierre Péan, qui n’est pas un perdreau de l’année (on vous renvoie à son travail sur la Françafrique, sa bio de Mitterrand ou “ La face cachée du “ Monde ” ”), s’est “ financé seul ”. Dangereux, le contenu de “ La République des mallettes ” ?

A en croire “ Le Point ”, qui publie son interview en exclusivité, “ il fait fantasmer le Tout-Paris de la politique et des affaires depuis des mois. L’enquête de Pierre Péan a été lue et relue par une batterie d’avocats. Pour autant, faut-il croire tout ce qu’il écrit ?, note l’hebdo, prudent. Lui-même confesse n’avoir pas toutes les clés des affaires qu’il soulève, même s’il affirme ne les avoir pas toutes dévoilées dans son livre ”.

En voilà bien des mystères… Alexandre Djouhri, le personnage autour duquel Péan a bâti son travail est, il faut le dire, pour le moins ténébreux. D’après l’auteur, “ Il se présente comme un homme d’affaires, d’autres l’ont qualifié d’intermédiaire, ce qu’il n’aime pas. Il est sorti d’une bande de banlieue pour se trouver aujourd’hui dans une autre zone de non-droit, non loin du sommet de l’Etat, où vivent moins de trois cents personnes. Ce sont des politiques, des hauts fonctionnaires, quelques grands patrons. Certains frôlent l’illégalité, d’autres y ont plongé, avec les rétrocommissions. Tous entendent pratiquer un droit différent : le leur. Cette nouvelle oligarchie pèse d’un poids terrible dans la République. Djouhri est au centre ”.

12,8 millions d’euros versés à Djouhri à la demande de Claude Guéant

Au fait, au fait !, criez-vous. On y vient… Un temps “ associé avec le jeune Anthony, fils d’Alain Delon ”, proche de l’ancien patron de Veolia Henri Proglio “ au point qu’il passait parfois, aux yeux de témoins extérieurs, pour (son propre) patron ”, Alexandre Djouhri est aussi, souligne Péan, un intime de Dominique de Villepin. S’Il “ n’accuse pas l’ancien Premier ministre d’être corrompu ”, le journaliste affirme néanmoins que “ l’ancien Premier ministre aurait reçu une vingtaine de millions de dollars de chefs d’Etat africains entre 1992 et 2005 ”. Et boum !

- “ Vous racontez, note “ Le Point ”, qu’il y a quelques mois, l’Elysée a exigé le versement par EADS de 12,8 millions d’euros de commissions à Djouhri, sur un contrat de vente d’Airbus à la Libye, alors qu’il n’est pas intervenu ! Vous avez des preuves de cette accusation ? ” -“ Airbus dit que cet argent indu n’a pas été versé, répond Péan. Je sais pourtant qu’Alexandre Djouhri s’est fait régler cette somme à la demande du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant ”. Et re-boum !

Cécilia Sarkozy et les infirmières bulgares

Mais ce n’est pas fini. Entre autres sales affaires de commissions et de rétrocommissions, l’enquêteur révèle que “ ni la France ni Cécilia Sarkozy n’ont joué de rôle dans la libération des infirmières bulgares ”. Pire, cette volonté de “ mise en scène ” aurait “ coûté une fortune ”. “ Avant que Cécilia Sarkozy arrive à Tripoli pour repartir avec les infirmières en juillet 2007, la fondation de Seïf el-Islam, le fils de Kadhafi, avait versé tout l’argent au fonds d’indemnisation des victimes de Benghazi, explique Péan.

Cette affaire était réglée. Il était déjà prévu que des fondations européennes remboursent les Kadhafi au fil du temps, sans aucun échéancier ni engagement ferme. C’est la volonté de Sarkozy de faire intervenir sa femme qui a coûté une fortune, car Kadhafi a cassé l’accord. Ce que des sources m’ont affirmé, c’est que l’argent qui est arrivé du Qatar dans la foulée, pour des montants inconnus et dans des conditions imprécises, a généré des commissions indues versées en France. On me cite un chiffre de 30 millions d’euros. Celui qui a suggéré l’intervention de Cécilia et qui a monté le coup avec le Libyen Béchir Sala, le directeur de cabinet de Kadhafi, c’est Alexandre Djouhri ”. Ca, c’est un gros boum, aussi, on dirait.

Une opération déstabilisation à l’encontre de Hollande

C’est la fête à Nicolas. Creusant le sillon ouvert la semaine dernière par Fabrice Lhomme et Gérard Davet dans “ Sarko m’a tuer ”, “ Le Nouvel Obs ” raconte cette semaine “ comment l’Elysée met au pas ceux qui dérangent ”. Dans un papier intitulé “ Sarkozy, le président flingueur ”, le journal révèle que le chef de l’Etat “ s’est autorisé cet été une petite opération de déstabilisation contre celui qu’il considère comme son plus dangereux adversaire à l’élection présidentielle, François Hollande. (…) La une du “ Figaro ”, le 19 juillet, constituée d’un photomontage réunissant François Hollande et Tristane Banon, a bel et bien été directement inspirée par l’Elysée.

Au lendemain de l’arrestation de DSK, un proche du président nous confiait en effet : “ Il y a plus intéressant que l’affaire du Sofitel : l’affaire Banon. Car le patron du PS de l’époque, à savoir Hollande, est également mouillé : il n’a pas bougé, alors qu’il savait tout. La non-dénonciation d’une faute, c’est une faute. Quand il était ministre de l’Intérieur ou du Budget, Nicolas a toujours transmis à la justice les violations de la loi portées à sa connaissance ”. Quelques jours plus tard, “ Le Figaro ” a obligeamment consacré sa manchette à la convocation de François Hollande comme simple témoin. L’axe Sarkozy-Mougeotte a fonctionné à plein régime : de l’aveu des journalistes maison, le directeur du “ Figaro ” ne refuse rien au président ”.

Sarko “ paniqué ” par Borloo

“ T’es avec moi ou contre moi ? ” La vieille formule du Sarkozy des débuts vaut toujours aujourd’hui, note “ L’ Obs ”. (Même à droite), il tranche la tête de ceux qui lui résistent ”. L’ex-conseiller à l’Elysée Dominique Paillé en a fait l’expérience il a quinze jours, qui a purement et simplement été démis de ses fonctions. “ C’est une décision venue d’en haut ”, lui aurait dit Claude Guéant, qui lui a annoncé la nouvelle au téléphone.

D’après l’hebdomadaire, “ le crime de Dominique Paillé est de rouler désormais pour Jean-Louis Borloo et d’avoir résisté à la tentative de Nicolas Sarkozy de le ramener au bercail. Idem pour Rama Yade. (Idem) pour Jean-Pierre Raffarin. Le président n’a pas oublié que le sénateur de la Vienne a reçu Jean-Louis Borloo sur ses terres au mois de juin. Il lui pardonne encore moins d’avoir déclaré publiquement qu’une candidature Borloo “ pourrait être utile ” à la majorité ”.

Obsédé par Borloo, Nicolas Sarkozy ? “ Paniqué ”, selon “ Le Point ”. “ Avec Paillé, durant une heure et demie, Sarkozy a tout essayé, raconte le mag. Autoritaire : “ Faut que t’empêches Borloo d’y aller ! ” Sentimental : “ T’as été mon porte-parole, tu peux pas me faire ça… ” Mais le chef de l’Etat avait du mal à dissimuler son angoisse. “ Il était paniqué ”, selon les mots de son visiteur, qui ne l’avait pas vu dans cet état depuis le départ de Cécilia. “ Sarkozy est obnubilé par cette candidature Borloo, assure-t-il. Comme il ne peut pas l’empêcher d’y aller, il s’attaque à son entourage. Hier, c’était Rama, aujourd’hui, c’est moi, demain, ce sera Jégo… ” ”.

Hollande, Navarro et les pizzas

Mais le PS a aussi ses casseroles. Outre l’affaire Guérini, à laquelle “ Le Nouvel Obs ” consacre une nouvelle enquête, et sans parler — damned ! — du dossier DSK, voilà qu’il est question d’une “ pizza connection ” au sein du parti. Scoop ? A voir. “ De 2008 à 2010, explique “ L’Express ”, la fédération socialiste de l’Hérault, alors dirigée par Robert Navarro, a commandé pour 42 000 euros de repas à une pizzeria de Montpellier. La nouvelle direction du PS local a décidé d’alerter la justice ”. S’ils s’avèrent exacts, les détails des “ révélations ” de l’hebdomadaire sont passablement accablants pour Navarro.

Le journal le rappelle : l’ex-patron de la fédé de l’Hérault a été suspendu par la rue de Solférino “ pour avoir soutenu Georges Frêche aux régionales de 2010 ”. Moindre mal, alors ? “ L’Express ” ne se prive pas de le noter : malgré sa suspension, “ Navarro demeure l’un des soutiens de François Hollande. (…) Il a lancé en juillet, avec des amis, une association baptisée “ Holga ”. Un sigle qui signifie : “ Hollande ose la gauche autrement ” ”. En ces temps de campagne, il en faut pour tout le monde, n’est-ce pas ?

La fin de la Bourse ?

Et pendant que les scoops tombent, la dette continue d’enfler. Et la Bourse déraille. “ C’est la grande pagaille à la Bourse, prévient “ Challenges ”. Les investisseurs vendent, les cours plongent et les patrons rachètent ! (…) Selon une étude de Natixis, depuis le début de l’année, le montant total de rachats d’actions sur le marché français atteint 4,3 milliards d’euros, déjà supérieur aux 3,4 milliards de 2010. (…) Aux Etats-Unis, les entreprises ont racheté plus d’actions qu’elles n’en ont émises, avant la crise, de 2005 à 2007, pour un montant cumulé de 1 300 milliards de dollars !

Après deux années de retour à la normale, les rachats d’actions sont repartis de plus belle aux Etats-Unis comme en Europe. “ La contribution nette des marchés d’actions au financement de l’économie est ainsi devenue nulle, voire négative ”, écrit l’économiste Frédéric Lordon. La Bourse ne remplit plus sa première fonction : collecter des fonds pour les entreprises. (…) Seconde fonction théorique de la Bourse : protéger des épargnants grâce à la liquidité et à la fixation transparente des prix.

Encore un échec, au moins pour les actionnaires individuels. Selon une étude TNS-Sofres de juin 2011, 2 millions d’entre eux ont déserté la Bourse depuis 2008. (…) Un mécanisme qui agace les dirigeants de sociétés cotées, comme Martin Bouygues, qui ne savent plus ce qui se passe sur leurs titres. (…) Alors, comme les actionnaires individuels, certaines entreprises préfèrent quitter la Bourse. (…) A quoi, et à qui, sert-elle encore ? ”. Même l’hebdo économique s’interroge. Nous, on n’en parle même pas.

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