info@consommer-juste.fr
06 70 23 59 35

  • Vous n'êtes pas connecté.
  • Accueil
  • » Général
  • » Le Prix nobel d'économie Joseph Stiglitz compare les Politiques d'Austérité à la saignée Médiévale [RSS Feed]

#1 fév. 8, 2012 22:55:21

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 811
Envoyer un courriel  

Le Prix nobel d'économie Joseph Stiglitz compare les Politiques d'Austérité à la saignée Médiévale


Stiglitz exhorte les Européens à repenser leur gestion de la crise
Le prix Nobel d'Economie, connu pour ses positions keynésiennes, compare les politiques d'austérité actuelles à la pratique de la saignée dans la médecine médiévale. Seul l'investissement public peut casser cette spirale infernale, juge-t-il.
Ecrit par
Gabriel GRESILLON

Correspondant à Pékin


Cette nuit en Asie : Pékin pourrait soutenir l'euro rapidement, vers une alliance japonaise dans les microprocesseurs...

Citigroup, premier étranger autorisé à émettre des cartes de crédit en Chine

Chine : la croissance faiblit, mais moins que prévu

Que Joseph Stiglitz, prix Nobel d'Economie réputé pour ses positions anticonformistes, se distingue dans son analyse de la crise européenne, est certes logique. Mais hier, lors du Forum financier asiatique de Hong Kong, le célèbre économiste a eu des mots d'un rare pessimisme au sujet du Vieux Continent. Pour lui, les responsables européens, sous la pression d'un consensus financier douteux, sont en train de mener leurs pays au chaos, et la monnaie unique à une disparition presque inévitable.

L'Europe, a jugé l'économiste, est en train de « rendre la faveur aux Etats-Unis », en exportant à son tour une crise de plus en plus inextricable et globale. En cause : des politiques d'austérité « clairement insoutenables ». Au lieu de finaliser, dès 2010, l'édifice politique qui aurait rendu la zone euro cohérente et tenable, les pays d'Europe ont imposé à la Grèce un serrage de ceinture qui n'a fait qu'augmenter le poids de sa dette publique -car l'effondrement de la conjoncture a fait fondre les recettes fiscales. « Bien que l'austérité soit néfaste, la réponse politique est d'en exiger toujours plus », a critiqué le professeur de l'université américaine Columbia. Avant de comparer cet acharnement à « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale ». Au final, la crise voit vaciller des pays comme l'Espagne et l'Irlande « qui avaient pourtant des budgets excédentaires avant la crise ».

Que faire ? Relever les taxes pour, au contraire, pouvoir dépenser plus, et jouer ainsi sur l'effet de multiplicateur budgétaire, « base de la théorie économique », censé démultiplier sur le PIB l'augmentation de la dépense publique « avec un facteur allant de un à trois ».

La véritable urgence est de repenser l'architecture financière mondiale, assure Stiglitz. Avec deux mots clés : régulation et transparence. Régulation car la seule période longue de stabilité financière qu'ait connue le monde est celle qui a suivi la crise de 1929, qui se caractérisait par la présence de garde-fous solides. Depuis les dérégulations des années 1980, « la fréquence des crises financières ne cesse de s'accélérer ». Et le coût collectif de ces crises, ajoute Stiglitz, est « très nettement supérieur à ce qu'aurait coûté la mise en place de régulations adéquates ». Quant à la transparence, elle est plus que jamais nécessaire pour ramener de la sérénité sur la planète financière. Il suffit pour s'en convaincre de se pencher aujourd'hui sur le marché des CDS (Credit default swaps, qui permettent d'assurer un acquéreur de titres financiers) rattachés aux dettes souveraines européennes. Aujourd'hui, nul n'est en mesure de savoir comment ces produits sont répartis dans le monde, prévient-il. D'où le caractère potentiellement explosif d'un défaut de paiement d'un pays européen qui « pourrait geler le marché mondial du crédit d'une manière comparable à ce que nous avons connu en 2008 ».

Au final, celui qui, à la fin des années 1990, avait vu juste en critiquant les politiques exigées par le FMI pour venir en aide aux pays asiatiques, estime que la question qui s'impose peu à peu est « comment l'euro va finir ?». Jusqu'où les peuples d'Europe accepteront-ils cette potion amère ? s'interroge-t-il en précisant que le chômage des jeunes dépasse 40% en Espagne depuis 2008. Et de rappeler le destin de l'étalon or après la crise de 1929 : « ce sont les premiers pays à l'avoir quitté qui s'en sont sorti le mieux ».

A lire également sur Le Cercle Les Echos : Joseph E. Stiglitz « 2012, année de tous les périls ? »
GABRIEL GRÉSILLON, À HONG KONG

Hors-ligne

#2 fév. 8, 2012 22:56:48

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 811
Envoyer un courriel  

Le Prix nobel d'économie Joseph Stiglitz compare les Politiques d'Austérité à la saignée Médiévale

Le nouveau livre de Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’économie
Le rapport Stiglitz : pour une vraie réforme du système monétaire et financier international après la crise mondiale

Après le succès du dernier livre de Joseph E. Stiglitz, Le triomphe de la cupidité, voici le fameux rapport sur la crise commandé par l’ONU au célèbre Prix Nobel d’économie. Ce rapport passionnant, sur l’état des lieux et les nombreuses propositions dans les domaines financiers mais également sociaux et économiques qu’il défend, a mobilisé une dizaine de prestigieux économistes internationaux sous la houlette du Prix Nobel.


Un rapport de très haut niveau, contrairement à la plupart, aisé à lire tant il a été rédigé dans un souci pédagogique et qui fait des propositions à long terme. Il se concentre sur les questions monétaires et financières mais il évoque également les aspects économiques et sociaux. La préface signée par Joseph E. Stiglitz, écrite en juin 2010, extrapole sur les conséquences des plus récents évènements de l’économie mondiale. Elle évoque en particulier la crise européenne et le désastre annoncé des politiques de rigueur récemment initiées.
Résumé du livre Le Rapport Stiglitz

- Le rapport Stiglitz : pour une vraie réforme du système monétaire et financier international après la crise mondiale Introduction : La crise a émané du centre et touché la périphérie. D’abord financière, elle est devenue économique, mais aussi sociale. Les pays en développement ont été frappés d’abord dans leur économie réelle (par la chute de leurs marchés d’exportation et des prix de leurs produits, accompagnés d’une inversion des flux de capitaux et d’une contraction des envois d’argents des migrants) puis dans leurs finances (la crise leur impose des réorienter des ressources pour des aides d’urgence au détriment de leurs projets de développement). Il faut à la fois travailler à une reprise immédiate et à des réformes de structure. L’action doit être mondiale et penser à l’impact sur tous les pays et tous les groupes sociaux. Elle exige la participation de la communauté internationale tout entière. L’introduction pose quelques principes de base de cette « riposte mondiale » et précise la situation particulière des pays en développement.

- Problèmes et perspectives : Ce chapitre cerne les causes profondes de la crise : surtout la croissance des inégalités et les déséquilibres de la demande globale mondiale. Il montre aussi que le système comprend des « déstabilisateurs intrinsèques ». La commission étudie ensuite les réactions internationales en matière budgétaire et souligne le besoin de renforcer la protection sociale. Elle aborde les questions de politique monétaire, les renflouements, le rôle des banques centrales, les arbitrages. Enfin, elle expose l’impact de la crise sur les pays en développement, notamment le rôle du protectionnisme dans cet impact, leurs besoins de financement et des pistes pour les satisfaire. Conclusion : privilégier les réformes qui réduisent l’inégalité tout en créant des stabilisateurs automatiques ; essayer aussi de réduire l’exploitation des ressources naturelles, notamment celles qui contribuent au réchauffement ; coordonner les efforts.

- Réformer la réglementation mondiale pour renforcer la stabilité économique mondiale : Ce chapitre traite des principes de la réglementation des activités financières. Il part de la critique du système existant et des idées dérégulatrices, note la prise de conscience de la nécessité d’une réglementation, précise les objectifs de la réglementation financière (promouvoir la stabilité des marchés financiers, la stabilité et la croissance macroéconomiques, l’efficacité de l’allocation des capitaux, l’équité, et protéger les finances publiques qui ont supporté les conséquences financières des échecs de la réglementation), et aborde successivement la transparence et les incitations, la macroréglementation, la microréglementation, la restructuration des marchés financiers et des institutions chargées de les réglementer, la réglementation mondiale, le problème des transferts internationaux de capitaux. Il présente enfin un ensemble de problèmes de politique financière qui dépasse la question de la réglementation.

- Les Institutions internationales à réformer : La commission propose non seulement de profondes réformes dans les institutions existantes, mais la création d’une nouvelle : un Conseil de la coordination économique mondiale, soutenu par une commission internationale d’experts. Ce Conseil aurait un mandat couvrant l’ensemble du système de l’ONU en matière économique, sociale, et environnementale, y compris le FMI, la Banque mondiale et l’OMC (ce qui intégrerait officiellement cette dernière dans le système des Nations unies). Ce chapitre évoque aussi les problèmes de l’aide au développement, du commerce et de l’investissement.

- Innovations financières internationales : Ce chapitre, fruit des travaux du groupe de travail de la commission chargé de réfléchir « hors cadre » (out of the box) propose des réformes fondamentales sur divers sujets : le système de réserve mondial, la gestion des défauts de paiement des dettes souveraines, une meilleure répartition des risques entre prêteurs et emprunteurs sur les marchés mondiaux, de nouveaux mécanismes de financement pour le développement et la fourniture de biens publics mondiaux.

- Pour conclure : La crise est d’origine humaine : elle est le résultat de fautes commises par le secteur privé et de politiques mal orientées ou viciées des pouvoirs publics. La conclusion récapitule ces erreurs, résume « ce qui a été fait » et « ce qui reste à faire », énumère les acquis principaux du rapport et ses grandes recommandations, et souligne les Nations unies sont la seule organisation internationale qui a la légitimité politique et un mandat assez large pour s’attaquer à ces problèmes.

Hors-ligne

#3 fév. 8, 2012 22:58:15

cabernet1
Enregistré: 2010-05-13
Messages: 811
Envoyer un courriel  

Le Prix nobel d'économie Joseph Stiglitz compare les Politiques d'Austérité à la saignée Médiévale

Le Triumphe de la Cupidité-Ce livre parle d'un combat d'idées. Il porte sur celles qui sont à l'origine des politiques désastreuses qui ont provoqué la crise et sur les leçons que nous en tirons. Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins. Soit nous continuons à faire triompher la cupidité, à mettre au coeur de nos sociétés économiques le libre marché, l'obsession du court terme, les déréglementations, la libre circulation des capitaux, responsables des pires dérives du système financier ; soit nous acceptons de faire un pas de côté et de considérer les causes fondamentales de notre échec. Selon l'auteur, en effet, ce que la chute du mur de Berlin a été au communisme, septembre 2008 l'a sans doute été symboliquement au fondamentalisme du marché et au mythe pervers de l'autorégulation. Malheureusement, la plupart des élites économiques et politiques n'en prennent pas conscience : aveuglées par leurs croyances, elles évoquent une crise exclusivement financière qui aura certes des répercussions économiques, alors qu'il s'agit de la faillite d'un système conjuguée à une grave crise morale. Il est donc urgent aujourd'hui de repenser le monde, de réformer une science économique qui s'est fourvoyée, entraînant dans son sillage l'accroissement des inégalités, la montée de la pauvreté ou l'aggravation de la crise environnementale. Joseph Stiglitz apporte des solutions. Il démontre magistralement que les mesures actuellement prises aux Etats-Unis ou en Europe ne sont pas à la hauteur de l'enjeu et contribueront, pour nombre d'entre elles, à relancer un système qui a échoué et qui ira de crise en crise. Les banques vont poursuivre leurs activités comme avant, la déréglementation dans certains domaines continue à bon train... Ce livre résonne comme un appel, il nous invite, si nous voulons nous garder de terribles déconvenues, à remettre à plat les fondements mêmes de l'économie mondiale.

Hors-ligne

  • Accueil
  • » Général
  • » Le Prix nobel d'économie Joseph Stiglitz compare les Politiques d'Austérité à la saignée Médiévale [RSS Feed]

Pied de page

Modération
Share |