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#1 oct. 22, 2012 21:24:54

cabernet1
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Premier drive fermier

Le journal de 13h - Le premier drive fermier a ouvert ses portes en Gironde
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Le premier drive fermier a ouvert ses portes en Gironde - Vidéo du journal televise : Le journal de 13h sur TF1. Dans ce JT : Après avoir passer commande sur internet parmi 200 produits de la ferme, les consommateurs de Gironde viennent retirer leurs achats dans des hangars. Une vente directe et locale

Modifié cabernet1 (oct. 22, 2012 21:26:24)

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#3 oct. 22, 2012 21:29:38

cabernet1
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PRODUIRE TROP, POUR PRODUIRE ASSEZ ?, par Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers, « paysans durables »
18 février 2012 par Paul Jorion | Print PRODUIRE TROP, POUR PRODUIRE ASSEZ ?, par Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers, « paysans durables »

Billet invité.

À l’automne 2008 il nous fut donné de participer aux réunions préparatoire à la Loi de Modernisation Agricole dans une commission « Alimentation ». C’est avec beaucoup d’effroi et de colère mais sans surprise, que nous entendîmes les chiens de garde de l’agri-bizness écarter avec véhémence toutes les propositions d’amélioration des conditions de l’alimentation des Français (diminution du sel, du sucre, des pesticides…). Représentant l’ordre établi de la production et distribution des fruits et légumes, des vins, des produits lactés, des viandes de toutes provenances, des céréales, ils se tiennent devant leur niche. Chacun, persuadé que sa profession est le cœur de l’économie française, est prêt à aboyer et à mordre le premier qui remettra en cause ce statu quo établi depuis 1962. Un représentant de la recherche, directeur d’une quelconque division de l’Inra, complétait le spectacle, réclamant des sous pour démontrer que ce qu’il entendait était vrai. D’ailleurs, en aurait-il douté que l’argent lui aurait échappé !

Du cœur de cette musique « bavaroise » émerge une revendication bien plus « jésuite ». Le représentant du syndicalisme majoritaire, auteur quelques années auparavant d’un livre sur la faim dans le monde, demandait, avec l’appui de tous les aboyeurs, que : « Madame la présidente, l’aide alimentaire soit inscrite dans le code rural ; car pour produire assez il faut produire trop et il faut que nous soyons assurés d’écouler ce trop ».

Nous ne savons si des comptes rendus de telles réunions sont rédigés avec soin mais s’ils existent, dans quelques décennies des historiens se pencheront avec délectation sur de tels documents.

Quelle façon de vivre ensemble que celle où certains s’arrogent tout à la fois le droit de nous mal nourrir et le devoir de corriger ce désordre !

Ce triste épisode nous a rendu attentifs à la question de l’aide alimentaire et depuis, les occasions de nous instruire n’ont pas manqué. La dernière en date : saisie par l’Allemagne, la Cour de justice de la Communauté européenne a rendu en avril dernier un arrêt spécifiant que l’aide alimentaire dépendant de la PAC doit se limiter à l’écoulement des stocks. Les achats de produits alimentaires sur les marchés sont interdits car non conformes à la base légale d’un programme agricole. Alors tout les représentants de la profession de s’indigner : « Nous n’allons pas laisser une partie de nos concitoyens mourir de faim ! »

Il apparait de plus en plus en crûment qu’existe un système économique de production et de partage de la nourriture tel qu’une partie non négligeable des hommes et des femmes n’accède à la nourriture que par la grâce des autres ; et que ce système est conçu dès l’origine comme cela, que ce n’est pas dégât collatéral que cette endémique pauvreté : elle est consubstantielle au mode de production puisque « pour produire assez il faut produire trop ». Les pauvres sont nécessaires.

À la demande d’un centre social d’un quartier populaire – mais y-a-t-il des centres sociaux dans les quartiers bourgeois ?- le Civam du Finistère est amené cet été à répondre à cette question : pouvez-vous nous fournir des légumes frais à 17h le vendredi en bas sur la dalle et moins cher qu’à Lidl ? La réponse fut aussi très claire : nous ne pouvons pas vendre en dessous de nos coûts de revient, fût-ce à des pauvres. Dans la discussion qui s’ensuivit vint très vite sur la table l’idée qu’il fallait s’adresser à la mairie pour obtenir une subvention.

Ainsi donc l’alimentation de qualité, de proximité, bio, durable, fermière ou autre n’est pas non plus accessible à tous sans sollicitation de financements extérieurs aux circuits agricoles.

Dans un tout autre espace, il nous a été donné de voir dans divers ports et aéroports du monde, des sacs de riz et de maïs, frappés du sigle US Aid. Suffisamment souvent pour penser que nous dépassions là l’assistance dans l’urgence à des populations momentanément démunies. L’aide alimentaire états-unienne, de toute évidence, dépasse aussi cette notion d’urgence.

Nous nous sommes interrogés sur ce qu’était quantitativement, qualitativement, historiquement, politiquement cette aide alimentaire qui semble prégnante et inhérente à l’organisation contemporaine de la production alimentaire.

Nous nous posons quelques questions que nous voulons vous soumettre.

Comment déconstruire le sophisme libéral « pour produire assez, il faut produire trop » ? Comment s’est établi le lien entre surproduction et aide alimentaire ? Qu’en est-il du lien entre surproduction et aggravation de la pauvreté ? Peut-on continuer à parler de suffisance ou de sécurité alimentaire de pays où un pourcentage important de la population dépend d’aides alimentaires ?

Est-il possible de concevoir des outils de production et de distribution qui échapperaient à cette logique d’assistance structurelle aux pauvres ? Quelles sont les conditions à réunir pour que tous, nous ayons accès à une alimentation de qualité et suffisante ? Si ces conditions sont inaccessibles ou que le coût pour y accéder est insupportable, si nous devons nous résigner à ce qu’une politique alimentaire soit aussi une politique d’aide alimentaire, comment l’organiser ? Quels sont les objectifs à lui fixer ?

Sachant qu’aux E-U l’aide alimentaire est « une véritable politique alimentaire visant tout à la fois à réduire la sous-consommation alimentaire intérieure et à développer une alimentation de qualité » ; pouvons-nous, « paysans durables », être des alliés objectifs d’une telle politique ? Si nous répondons oui à cette question, quels moyens nous donnons nous pour peser dans l’établissement de cette politique ? Avons-nous, par exemple, des propositions à faire concernant la future PAC en ce domaine ?

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