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#1 fév. 7, 2013 18:40:49

cabernet1
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Avec la PAC je me paye ENCORE un appart .............

Des aides agricoles calculées n'importe comment ,avec des cours Mondiaux extremement élevés pour les céréaliers .Albert de Monaco pour ses 800 ha de céréales en France touchera 250000 euros Périco Légasse balance comme un chef et raisonne globalScandale de la viande de cheval : Périco Légasse dénonce un système fou
Invité de l'émission d'Yves Calvi "Mots croisés" lundi 11 Février 2013, le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse (le mari de Natasha Polony)

Modifié cabernet1 (fév. 17, 2013 21:32:57)

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#2 fév. 7, 2013 18:40:59

cabernet1
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Avec la PAC je me paye ENCORE un appart .............


07 FÉVRIER 2013
Les céréaliers gobent la PAC manne
On se croirait dans un vieux sketch de Fernand Raynaud, un humoriste des années 60. Un « pauvre paysan » se plaint : « j’ai dans les 110-115 hectares de blé, mais ça paye pas. Ça eut payé, mais ça paye plus ». À la fin de sa complainte, on découvre qu’il est en train d’offrir un diamant de chez Cartier à sa femme… La caricature n’en plus vraiment une pour les céréaliers et autres producteurs d’oléoprotéagineux européens (tournesol, colza, soja, pois, fèverole, lupin, etc.) qui ont touché le jack pot en décembre 2012 grâce à la Politique agricole commune (PAC) : ils se sont partagé une manne d’environ 15 milliards d’euros « d’aides au revenu », alors qu’ils n’ont jamais gagné autant d’argent sur les marchés grâce à l’explosion des prix mondiaux depuis 2007 (avec un creux en 2009). Soit des chèques pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros que rien ne justifie.


Fernand-reynaud-le-paysan par hedibalha




En France, environ 10.000 agriculteurs (dont beaucoup d’entreprises agroalimentaires) se sont partagé un chèque de près de 6 milliards d’euros, soit en moyenne 600.000 euros par exploitation. En réalité, l’aide européenne étant calculée en fonction de la taille de la ferme et des rendements « historiques » (soit la période 2000-2003), leur montant est variable. La Commission européenne, pour le moins gênée par les questions de Libération, a refusé de fournir des chiffres précis. Mais en sachant que le montant moyen de l’aide pour les grandes cultures est de 330 euros à l’hectare, on peut rapidement calculer qu’Albert de Monaco, au hasard, qui possède 773 hectares en France, a reçu un bonus de fin d’année tournant autour de 250.000 euros (si toute son exploitation est éligible à l’aide européenne)… José Bové, vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, s’est livré à un petit calcul : « prenons une ferme de 300 hectares de blé qui affiche des rendements de 7 tonnes à l’hectare. Sachant que la tonne de blé se vend autour de 250-280 euros la tonne, elle rapporte donc entre 525.000 et 590.000 euros par an. Moins les coûts d’exploitation que l’on peut chiffrer entre 130 et 150 euros la tonne. Ce qui donne un bénéfice net compris entre 210.000 et 317.000 euros. L’aide européenne se montera, elle, entre 99.000 et 120.000 euros. Au final, pour 300 hectares, on gagne entre 309.000 euros et 437.000 euros ».

Alors que les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union vont s’étriper, ce soir et demain, sur le « cadre financier » 2014-2020, beaucoup de pays voulant diminuer les dépenses européennes, voilà donc une belle source d’économie possible. Si on multiplie ces 15 milliards par les sept ans de cette loi de programmation budgétaire, on arrive à la somme rondelette de 105 milliards d’euros de coupes possibles… « Ces aides au revenu distribué à des gens qui n’en ont pas besoin et qui avouent eux-mêmes qu’ils s’en servent pour acheter un appartement sont un vrai scandale », dénonce Michel Jacquot, ancien conseiller de Jacques Delors et directeur du FEOGA (organisme de la Commission gérant la PAC) entre 1987 et 1997.

Ce système d’aide au revenu a été mis en place entre 1992 et 2003 afin de sortir du soutien aux prix agricoles qui poussait les paysans à produire n’importe quoi en quantité. C’est pourquoi aujourd’hui, les trois quarts du budget agricole vont aux aides directes. Mais il a abouti à créer une vraie rente de situation lorsque les cours agricoles permettent aux paysans de vivre de leur production. Évidemment, tous les paysans ne touchent pas le jack pot, loin de là : les éleveurs (viande, lait) ne touchent quasiment rien alors que les cours s’effondrent et que les prix des céréales nécessaires pour nourrir le bétail s’envolent. Même chose pour les producteurs de fruits et légumes.

Le pire est que les aides de la PAC ne sont pas plafonnées, si bien que certaines exploitations reçoivent plusieurs millions d’euros par an (c’est le cas de toutes les grandes sociétés agroalimentaires françaises ou encore de la Reine d’Angleterre…). Ce n’est pas pour rien qu’en dépit des multiples réformes censées rendre la PAC plus juste, 80 % des aides vont toujours à 20 % des producteurs… La Cour des comptes européenne, qui a examiné à la loupe ce système en 2011 (pour l’Europe de l’Ouest) et en 2012 (pour l’Europe de l’Est), a aussi mis à jour une série de fraudes. Les agriculteurs ont ainsi déclaré des terres qui n’ont jamais été cultivées (100.000 hectares en Slovaquie, 150.000 hectares, dont une réserve naturelle, en Écosse par exemple). D’autres ont cédé leurs droits à des investisseurs qui se contentent de toucher les chèques européens. Là où le système atteint le sublime est que les citoyens payent deux fois ces céréaliers et autres producteurs d’oléoprotéagineux : une fois, par l’impôt, puisqu’ils contribuent au budget de l’Union, une seconde fois en achetant les produits alimentaires dont les prix flambent…

Comme le souligne Michel Jacquot, les États-Unis ont réglé le problème en faisant dépendre le versement des aides au revenu du niveau des prix mondiaux. Les États européens, eux, ne veulent rien changer : une majorité (dont la Grande-Bretagne) refuse même de plafonner le montant des aides à 300.000 euros par exploitation, comme l’a proposé la Commission, ce qui permettrait de limiter les dégâts (soit 3900 exploitations touchées). José Bové voudrait même descendre à 100.000 euros. La France, elle, souhaite redistribuer ce budget plus équitablement, par exemple en accordant une surprime aux 50 premiers hectares, ce qui bénéficierait aux petits paysans. Une position très minoritaire pour l’instant. Pas question de toucher au blé des riches paysans.

Photos: Reuters

N.B.: version longue de mon article paru ce jour dans Libération.

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