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#1 mai 1, 2013 11:08:10

cabernet1
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André Pochon/éleveur-Crise laitière : crise d'un modèle


Crise laitière : crise d'un modèle
lundi 22 avril 2013

André Pochon, éleveur en retraite, promoteur de l'agriculture durable, a écrit "Le Scandale de l'agriculture folle", Éditions du Rocher, 2009.

André Pochon, éleveur en retraite, promoteur de l'agriculture durable, a écrit "Le Scandale de l'agriculture folle", Éditions du Rocher, 2009.

Ouest-France

Dans les années 1950-1960, la révolution fourragère avait incité les éleveurs à nourrir leurs vaches au pré: l'herbe, fourrage équilibré, permettait de produire beaucoup de lait à l'hectare sans complément alimentaire. Période faste où les campagnes sont sorties de la pauvreté, l'exploitation rationnelle des herbages en étant le fer de lance.

Hélas, à la fin des années 1960, sous l'impulsion de la Politique agricole commune (Pac), le maïs fourrage et le soja, tous deux importés des USA, supplantent l'herbe pour l'alimentation des ruminants ; le nouveau système fourrager va s'implanter partout : désormais, point de lait sans maïs !

Cette nouvelle révolution fourragère est favorisée par la Pac signée par les six membres de la Communauté européenne en 1962. En effet, la Pac garantit le prix de la viande et du lait aux éleveurs européens, cependant que le soja, indispensable pour équilibrer le maïs en protéines, est importé sans taxes. L'éleveur se trouve dans cette situation extraordinaire de nourrir ses animaux avec de l'aliment au prix mondial alors que la viande et le lait sont payés au prix garanti européen, soit le double !

Aujourd'hui, cette situation est derrière nous ; sous la pression de la demande des pays émergents comme la Chine et l'Inde, les prix mondiaux des céréales et particulièrement du soja explosent : le soja est passé de 250 ? à 500 ? la tonne ! Du coup, produire du lait avec du maïs fourrage et du soja devient extrêmement coûteux : il faut deux tonnes de soja pour équilibrer un hectare de maïs, soit désormais 1 000 ? !

Le prix du lait n'augmente pas suffisamment pour combler cette augmentation considérable du prix du soja. D'où la crise actuelle. C'est la fin du système fourrager maïs soja initié par la Pac de 1962 et conforté en 1992 par une prime au maïs fourrage de 400 ? l'hectare, qui n'existe plus.

L'herbe, elle, n'a jamais eu de prime. La solution de la crise laitière est dans le retour à la prairie. Les éleveurs qui nourrissent leurs vaches à l'herbe, fourrage riche en protéines, n'ont que faire du prix du soja et ne sont pas en crise.

La réalité économique est incontournable : les vaches à 10 000 litres, bourrées de maïs, soja et concentrés, ne sont plus rentables ; pour gagner sa vie en produisant du lait, c'est désormais avec des vaches à 6 000 litres pâturant des herbages bien gérés.

Allons-nous pleurer sur la disparition du maïs ? Non, avec la prairie c'est notre autonomie en protéines, l'arrêt des pesticides et des engrais azotés, la fin des algues vertes et le retour à de la viande et du lait riches en oméga 3, au contraire de ceux produits avec des vaches alimentées au maïs-soja qui ont contribué, depuis quarante ans, à l'appauvrissement des sols et au développement des cancers, de l'obésité, du diabète !

Le projet de réforme 2013 de la Pac, qui maintient le versement de la prime aux céréaliers, va « booster » l'abandon de l'élevage au profit des céréales. Un vrai scandale !
André Pochon

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