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#1 avr. 26, 2014 17:46:03

cabernet1
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Perpignan : José Bové critique le marché St-Charles

Perpignan : José Bové critique le marché St-Charles

Le désarroi des entreprises de Saint-Charles fait fulminer le député européen, à l’origine du projet de réforme sur les importations de fruits et légumes. Un texte qui défend les productions locales.


Pour mieux comprendre l’enjeu de la tomate et des échanges commerciaux entre l’Union Européenne et le Maroc, l’interlocuteur privilégié en la matière reste José Bové. Le député européen était il y a deux ans le rapporteur de l’accord de libre-échange entre l’Union et le Maroc qui régit jusqu’ici les modalités du prix d’entrée et des volumes de fruits et légumes importés. Dont la tomate, la vedette du marché.

C’est à lui et au député européen UMP Michel Dantin que l’on doit également la rédaction des actes délégués sur l’organisation commune des marchés de la nouvelle politique agricole commune (PAC). Des textes qui entérinent les nouvelles tarifications imposées aux importations extra-européennes.



Le document au cœur de la crise qui couve à l’intérieur du marché Saint-Charles International. José Bové n’est d’ailleurs pas tendre à l’égard de son fonctionnement. Il défend surtout une nouvelle réglementation "plus juste pour les producteurs de tomate européens, principalement espagnols et français".

Pourquoi remettre aujourd’hui en question les accords passés entre l’Union et le Maroc ?

Tout d’abord, il est important de rappeler que ces accords dont j’étais le rapporteur, avaient pour objectif d’augmenter le contingent de volumes de tomates et de fruits et légumes vers l’Europe. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cet accord s’adressait surtout à trois entreprises qui produisent 75 % des tomates marocaines, à savoir les domaines du Roi du Maroc et les sociétés Azura et Ydil. Or ces deux sociétés ont leur siège en France, à Châteaurenard et à Perpignan pour Azura. Cet accord a été fait pour développer ces trois entreprises de la tomate industrielle avec des ouvriers agricoles marocains payés 5 euros de l’heure et une production qui arrive ensuite sur Saint-Charles. Tout cela au détriment des petits producteurs marocains, il faut le souligner. C’est lamentable !

Avez-vous dénoncé cette situation ?

Bien sûr. Dans mon rapport, j’ai demandé que cet accord ne soit pas signé car il va à l’encontre des agriculteurs français et marocains. La filière européenne m’avait alors soutenu pour le combattre. Ceux qui sont à la tête d’Azura, par exemple, ont des intérêts liés dans cette affaire car ils sont à la fois producteurs de tomates et utilisent Saint-Charles pour les expédier. C’est une situation cocasse mais c’est pourquoi ils contestent aujourd’hui le nouveau cadre de règlements des droits de douane de la réforme de la PAC. Car les prix seront plus élevés qu’auparavant. Mais il est normal que les produits qui arrivent de l’extérieur soient plus chers. Il faut protéger les productions européennes contre les entreprises qui font du dumping.

D’où le changement des droits de douanes de la nouvelle PAC ?

En effet, dans le cadre des règlements de la réforme de la PAC, la mise en place d’un lissage des prix sur les marchés permettra d’avoir des prix plus justes. Avec cette modification et ce lissage, on se trouve dans une situation de rééquilibre. Et tout ce qui permettra de développer la production européenne est profitable.

Les importateurs et exportateurs de Saint-Charles ne sont pas du même avis...

C’est lamentable de voir le chantage des entreprises qui disent qu’en limitant les importations, on tue l’emploi. C’est faux. Cela favorise au contraire les productions locales. Et pour avoir travaillé sur cette réforme, je pense même qu’elle ne va pas assez loin. J’en profite aussi pour dire que si des élus UMP soutiennent le discours de Saint-Charles, il faut savoir que c’est un député UMP qui a aussi participé à la rédaction des actes délégués.

Le Maroc étant un gros producteur de tomates, y a-t-il un risque de pénurie sur le marché européen ?

C’est une escroquerie totale de dire cela. Dire que la tomate marocaine arrive plus tôt que les tomates d’Europe, c’est faux. La tomate est une production annuelle et on peut facilement gérer la production et compenser un marché. Mais a-t-on besoin de manger des tomates industrielles toute l’année ?

José Bové est l’auteur d’un livre sur le sujet du libre-échange, Hold-up à Bruxelles. Candidat aux prochaines élections européennes, il sera à Perpignan le 15 mai pour un débat.

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