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#1 mai 13, 2014 19:58:20

ecophyto
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45% des agriculteurs Français contre les aides européennes ........


Européennes : le coup de gueule de Périco Légasse contre la Politique Agricole Commune


FIGAROVOX/ENTRETIEN- A la veille des européennes et alors que le traité transatlantique pourrait remettre en question les normes agroalimentaires, le critique gastronomique Périco Légasse critique la PAC qui fait du paysan français un assisté du contribuable allemand et soumet l'agriculture française à un modèle productiviste.


Périco Légasse est journaliste et critique gastronomique. Il anime un blog rattaché à Marianne 2.

La PAC constitue près de 45% du budget européen, et la France en est la principale bénéficiaire. Certains agriculteurs dépendent intégralement des subventions européennes. Cette mise sous perfusion de l'agriculture française est-elle tenable à terme? Faut-il supprimer la PAC?

Ceux qui nous expliquent que la Politique Agricole Commune est un formidable outil de protection de l'agriculture française me font penser à ceux qui soutenaient comme parole d'Evangile que le Soleil tournait autour de la Terre. 52 ans après sa mise en place, l'agriculture française se meurt, la classe paysanne est éradiquée et - on hallucine - la France n'est pas autosuffisante sur le plan alimentaire. Francfort qui importe ses saucisses! Comme pour l'euro, les bonnes âmes répondent: «oui, mais sans elle, ce serait encore pire». Ouf, on a eu peur. Quel bonheur, nous allons mourir guéris! De deux choses l'une: soit le projet était vicié dès le départ soit quelque chose l'a dévoyé, mais le résultat est le même. Si l'on veut une agriculture qui retrouve sa place légitime dans notre économie, notre sociologie et notre alimentation, la PAC doit cesser d'entretenir un système intrinsèquement pervers. Il est simplement inconcevable que la plus riche et la plus performante des agricultures mondiales, en terme de potentiel géographique, de savoirs agronomiques, de variétés et de bio diversité, dépende des subventions du contribuable allemand. Car c'est bien l'Allemagne qui finance le gros de la PAC, sur des critères qui vont dans le sens de ses intérêts à elle et pas des nôtres. Car tout a été fait, méthodiquement, à grands renforts de triomphalisme, notamment sous l'impulsion de Jacques Chirac, pour que l'agriculteur français devienne un assisté. 45% du budget de l'Europe part dans une chimiothérapie cancérigène. Un gâchis gigantesque. La PAC ne sert qu'à réparer la folie ou l'agressivité d'un marché déréglementé et mondialisé dans lequel on a jeté une agriculture sans défense alors qu'elle devrait être l'instrument de stimulation des formidables capacités agricoles de ce merveilleux pays. «Pâturages et labourages…» autant de trésors géologiques, maritimes, botaniques et climatiques, avec le peuple le plus exigeant en matière d'alimentation et une demande internationale sans limite. Résultat des courses: chaque jour un paysan français se suicide alors que les gros céréaliers croulent sous des millions d'euros de subvention. De toute évidence il faut supprimer cette PAC là et en penser une autre.

45% du budget de l'Europe part dans une chimiothérapie cancérigène. Résultat des courses : chaque jour un paysan français se suicide alors que les gros céréaliers croulent sous des millions d'euros de subvention.

En échange de ces subventions (aspect quantitatif) l'Union Européenne impose à l'agriculture des normes très strictes (aspect qualitatif): selon vous, ces normes européennes en matière d'environnement et de sécurité sont-elles nuisibles à l'agriculture française?

Ces normes sont nécessaires, voire essentielles, à un essor agricole durable, seule garantie de pouvoir continuer à nourrir l'humanité en préservant la planète. Elles sont également fondamentales pour la pérennité de paysages qui participent du renom touristique du pays. Pour continuer à attirer chaque année 90 millions de visiteurs il faut aussi des vaches sous le pommier. L'adoption de ces normes est un progrès sur la logique agrochimique qui préfère persister dans le productivisme pour consolider ses profits. Un enjeu qui dépasse l'Union Européenne. Ces normes ne doivent toutefois pas constituer un handicap économique pour nos agriculteurs. Prenons l'exemple des lentilles, notamment dans le Berry. La lentille verte du Berry, fleuron du légumineux français, est soumise à des contraintes environnementales qui peuvent devenir pénalisantes face à une concurrence non réglementée. Ainsi la lentille canadienne de culture intensive débarque-t-elle sur le marché français à des tarifs contre lesquels la berrichonne ne peut pas lutter. Si l'Europe impose des normes, elle a le devoir de protéger ses agriculteurs de qualité en taxant la concurrence déloyale. Les libéraux vont hurler au protectionnisme, mais on ne monte pas au front sans bouclier, surtout si l'adversaire tape sous la ceinture. La PAC doit protéger les siens.

Si la PAC permet la survie des agriculteurs français, elle cautionne aussi un type d'agriculture ultra-productiviste. Faut-il remettre en cause le modèle d'agriculture intensive?

Nous sommes en 2014, soyons réalistes, on ne va pas pouvoir continuer à transformer nos campagnes en usines ni gérer l'agriculture française comme un trust financier qui fabriquerait des boulons. N'en déplaise à la Fnsea et à son président Xavier Beulin, la France a besoin d'une agriculture basée sur des exploitations à échelle humaine, rentables et durables, en osmose avec les réalités d'une ruralité bio diversifiée dont la préservation est essentielle pour ce pays.

Les agriculteurs doivent vivre - et bien vivre - de leur travail. C'est un métier pénible, fastidieux, risqué mais noble, car il n'y a rien de plus beau que d'œuvrer pour nourrir l'homme. La sueur et le courage doivent payer et bien payer. L'ultra productivisme, c'est produire beaucoup pour gagner très peu. La PAC est là pour financer les pertes programmées de la surproduction. On ruine le paysan pour être sûr de pouvoir lui donner l'aumône. L'agriculture intensive soutenue par la PAC répond aussi aux exigences de la grand distribution de faire sans cesse baisser les prix qu'elle fixe elle même. Cela doit cesser. C'est au producteur de fixer le prix de sa production, et non au client, entendez l'industrie alimentaire et la grande distribution. La baisse obsessionnelle des prix engendre une baisse de la qualité, donc favorise la malbouffe et détériore la santé. L'ultra productivisme a pour alliée l'industrie pharmaceutique qui ne veut pas d'amélioration alimentaire car les maladies liées aux pesticides, aux insecticides et aux engrais mais aussi aux antibiotiques utilisés dans les élevages intensifs lui font vendre de plus en plus de médicaments.

La France pourrait-elle être le laboratoire d'un contre-modèle?

Oui, la France peut être le laboratoire d'un contre modèle. Elle a commencé à l'être depuis l'adoption du programme d'Agroécologie lancé par le Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Un projet conforté par la loi d'avenir actuellement en discussion au parlement, qui, même si elle est loin d'être parfaite, jette les bases d'une redéfinition de l'agriculture française. L'Agroécologie est le moyen de concilier l'idéal et le possible en favorisant des méthodes de culture et de productions durables tout en améliorant la rentabilité des exploitations. Produire juste et produire bon pour vendre mieux dans un marché sensibilisé à cet enjeu majeur. Une idée irréversible qui est la seule voie de salut de l'agriculture française.

L'accord transatlantique en cours de discussion à Bruxelles prévoit d'aligner les normes européennes sur les normes américaines. Quel pourrait être l'impact de cet accord sur l'agriculture française?

C'est une menace apocalyptique sur l'avenir de notre agriculture. Si, le gouvernement français, face à la

L'accord transatlantique est une menace apocalyptique sur l'avenir de notre agriculture

Commission, puis l'Union Européenne, face aux Etats-Unis, ne font pas preuve d'une intransigeance drastique, tout ce qui a été évoqué ci-avant partira en fumée. Cet accord n'est pas un pacte commercial mais une demande d'alignement de l'Europe sur la déréglementation du marché américain. Toute concession sur ce qui constitue le rempart de nos spécificités et de nos valeurs supposerait, à moyen terme, la disparition de notre patrimoine agricole et alimentaire. Le Président de la République le sait parfaitement. L'avenir de ce pays va dépendre de son courage et de sa capacité de résistance aux exigences de Bruxelles et Washington. Autant dire que c'est pas gagné.

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#2 mai 13, 2014 22:53:42

ecophyto
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45% des agriculteurs Français contre les aides européennes ........


TTIP : pour l'accord de libre-échange transatlantique, c'est le bal des hypocrites

Par Corinne Lepage
Eurodéputée
LE PLUS. L'accord de libre-échange transatlantique (TTIP, ex-TAFTA) est en négociations et évite l'éclairage médiatique, comme c'est souvent le cas pour ce type de traité. Seulement, il pose de très sérieuses questions notamment sur la souveraineté des États, les normes et l'influence des multinationales, comme le souligne l'eurodéputée et présidente de CAP 21 Corinne Lepage.





Alors que le débat pour la campagne des européennes semble peut-être s’engager, la question du traité de libre-échange avec les États-Unis devient -enfin- un sujet.



Le cycle de Doha est mort dans les faits, le multilatéralisme ne fonctionne pas et est remplacé par du bilatéralisme. D’où l’idée de mettre en place des traités de libre échange par la Commission européenne.



Fonder un axe Euro/États-Unis



Le président de la Commission européenne trouverait enfin quelque chose à mettre sur un bilan catastrophique (de mon point de vue cela ne ferait qu’amplifier le côté catastrophique). Les traités de libre-échange sont des outils pour permettre d’imposer une vision du monde et dans le cadre du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement), une vision euro-états-unienne et fonder ainsi un axe Europe/États-Unis dans les négociations internationales.



On ne peut aussi exclure que ce type de traité ne soit qu’un leurre par exemple avec un TTIP pour faire passer le traité de libre échange avec le Canada.



Pour certains cela doit être encore un moyen de faire tomber le système normatif européen qu’ils trouvent contraignants à commencer par Business Europe regroupement des "Medef européen".



La bataille que mènent les organes patronaux bien relayés par nombre de think thanks de droite et de gauche contre le principe de précaution et pour un principe d’innovation, qui existe déjà et s’appelle le risque de développement en est un exemple. La santé n’est pas une priorité surtout quand l’irresponsabilité est organisée grâce à ce risque de développement et que la collectivité paye les dommages.



Un mandat au rabais



L’UE et ses États membres agissent en vertu des articles 207 (politique commerciale commune), 217 et 218 (accords internationaux) du TFUE.



Néanmoins, ils doivent respecter l’article 5, paragraphe 3, du traité sur l'Union européenne (traité UE) et protocole (n° 2) sur l'application des principes de subsidiarité et de proportionnalité.



La Commission européenne a fait une proposition au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen en 2013 pour obtenir un mandat de négociation. Ce mandat a été obtenu le 23 mai 2013 au Parlement européen sans ma voix.



C’est un mandat au rabais car les eurodéputés ont réussi à exclure des principes qui font partie des traités et donc resteront applicables. Une équipe de négociation a été mise en place par la DG Trade et le Trade office US.



L'indépendance des agences en jeu



Une part de ces négociations est secrète (c’est logique et normal car il s’agit d’une négociation et l’UE ne peut perdre ses marges de manœuvres), mais un comité de liaison avec huit eurodéputés des huit groupes du Parlement européen est tenu informé par la DG Trade.



Si l’UE et les États-Unis se mettent d’accord sur un texte, il sera signé par la Commission européenne et soumis à ratification par chacun des acteurs aux États-Unis et en Europe (Conseil de l’Union et Parlement européen) et ensuite il devra être ratifié par chacun des États car la négociation empiète clairement sur les compétences partagées et exclusives des États membres.



Les problématiques aux États-Unis sont exactement les mêmes car l’indépendance des agences est remise en cause, les compétences des États de l’Union sont rabotés. D’ailleurs l’administration Obama n’a pas obtenu le "fast-track" dans le mandat de négociation facilitant la négociation.



Des eurodéputés qui ne voient pas la gravité de la situation



Si le traité avec les USA est très médiatisé, il en existe d’autres qui ne font pas la une comme les traités avec le Canada, le Vietnam ou Singapour (dont personne ne parle mais qui, eux, sont signés, en voie de signatures ou en voie de ratification). Manifestement, certains ne s’en sont pas rendus compte et traitent le sujet avec un mépris qui ne va pas durer.



L’extrême droite et l’extrême gauche font du TTIP un sujet de campagne qui trouve sa source dans l’antiaméricanisme de base et l’anticapitalisme pour des raisons différentes mais avec le même résultat.



En revanche, l’attitude de l’UMP, du PS et de l’UDI-MODEM est incompréhensible. En effet, les eurodéputés sortants ne semblent pas voir la gravité de la situation qui consiste, outre la baisse du niveau de protection sanitaire, alimentaire, numérique à accepter le système des tribunaux arbitraux obligatoires pour régler dans les conventions de libre échange les litiges entre les États et les multinationales.



Or, cette position est indéfendable et en parfaite contradiction avec ceux qui défendent la souveraineté qu’elle soit nationale ou européenne.



L'abandon d'un élément majeur de la souveraineté



Le traité de libre-échange avec les États-Unis en cours de négociation, mais aussi celui qui est signé avec le Canada et non ratifié, comme celui qui est prêt à l’être avec Singapour, ou celui qui a été voté (sans mon vote) le 17 avril au Parlement européen avec le Vietnam posent deux types de questions :



- la première sur le respect de nos normes ; Il est évident que la sécurité sanitaire et alimentaire et que les combats que j’ai menés et gagnés contre la colle à viande ou les poulets chlorés seraient remis en cause. Et que dire de la sécurité de nos données personnelles et de notre autonomie numérique.



- la seconde question n’est pas moins considérable. Elle porte sur le règlement des différends : le système ISDS permet aux multinationales de s’exclure des juridictions nationales avec des organismes sur mesure. C’est un danger majeur pour nos concitoyens et ce n’est donc pas acceptable. Pourtant en deux jours, ces partis qui soi-disant défendent les intérêts de nos concitoyens ont voté comme un seul homme en faveur de ces organismes. Dans un cas, c’était dans le cadre de l’accord avec le Vietnam, dans l’autre encore plus grave peut être, il s’agissait d’un texte prétendument technique fixant le cadre général d’un tel système.



Comment sérieusement peut-on prétendre défendre l’intérêt général des européens en abandonnant un élément majeur de la souveraineté : la justice.



Les manœuvres de l'UDI sont hallucinantes



Alors de grâce, soyez cohérents ! Comptez-vous encore longtemps oublier l’intérêt général au profit des multinationales ? Pensez-vous que cette évidence qui consiste à ne pas mettre les États sous la coupe des multinationales doive être abandonnée aux extrêmes ?



Et les manœuvres de certains qui ont voté pour le mandat (UDI) et dénoncent aujourd’hui les négociations sont absolument hallucinantes. Il est du reste assez cocasse de retrouver sous la plume de Jean Arthuis qui siège sans quasi discontinuité depuis 1983 tous les arguments que j’avais développés il y a plus d’un an) et qui ont été balayés par ses colistiers du MoDem (par une abstention) comme de l’UDI (par un soutien au mandat).



Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un combat citoyen évident et nous le mènerons non pour des raisons idéologiques mais de bon sens élémentaire




Sur le web: Agriculture:Le Pen déclare "la guerre" au traité transatlantique

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